In collaboration with the
International Astronomical Union


Category of Astronomical Heritage: tangible immovable
Observatoire de Paris, France

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  • Format: Full Description (IAU Extended Case Study format)

    Identification of the property

    Country/State Party 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 6
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 16:59:24
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Identification du bien

    áëtat partie de la Convention du patrimoine mondial (1972)

    France

     

    State/Province/Region 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 5
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 16:59:44
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    áëtat, province ou région

    Région de l’Île-de-France, département de Paris (75), commune de Paris, 14e arrondissement

     

    Name 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 16:59:57
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Nom du bien

    Observatoire de Paris (XVIIe-XXe siá¿cles)

     

    Geographical co-ordinates and/or UTM 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:00:11
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Coordonnées géographiques:

    Latitude 48° 50′ 11,32″ N, longitude 9 min 21 sec (2° 20′ 11,5874″ E, altitude 67m (repá¿re IGN).

     

    Maps and plans,
    showing boundaries of property and buffer zone
     
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 8
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:00:23
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Cartes et plans:

    Cadastre: www.cadastre.gouv.fr, Commune Paris 14 (75). 000AQ01, parcelle 10 – plan AQ 01.

    Fig. 1. Plan cadastral de l’Observatoire de Paris, parcelle AQ. © Ministá¿re de l’áëconomie et des Finances

     

    Area of property and buffer zone 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:00:48
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Surface du bien:

    Ces données ne sont pas accessibles actuellement, mais l’étendue du domaine propre áá l’Observatoire de Paris est d’environ 2,5 hectares.

     

    Description

    Description of the property 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 6
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:01:01
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Description du bien

    Situé au sud de Paris, avenue de l’Observatoire, dans le XIVe arrondissement, l’Observatoire de Paris, fondé en 1667, est resté inchangé durant deux siá¿cles. Il lui fut adjoint deux coupoles au XIXe siá¿cle, et des báótiments annexes au XXe siá¿cle. Son domaine fut étendu au XIXe et au XXe siá¿cles. Dépendant de l’Académie royale des sciences sous l’Ancien régime, il fut placé ensuite sous la tutelle du Bureau des longitudes au XIXe siá¿cle avant de devenir autonome au milieu du XIXe siá¿cle. Aujourd’hui, il a le statut d’un áëtablissement public de coopération scientifique. Les báótiments et les jardins sont protégés au titre des Monuments historiques français depuis 1926. Les archives, de statut public exercé par les Archives nationales, sont également protégées.

    Le báótiment historique (1667–1672) dá╗ áá l’architecte Claude Perrault comporte trois niveaux de hauteur croissante du rez-de-chaussée áá la plate-forme supérieure, afin de donner un effet visuel de perspective harmonieuse. Le rez-de-chaussée s’ouvre au nord, le premier étage s’ouvre sur une terrasse dallée au sud, le deuxiá¿me étage comporte la grande salle dite salle Cassini, oá╣ la grande méridienne (1729) concrétise la trace du méridien de Paris. Le troisiá¿me étage forme une terrasse dallée. Ce báótiment abrite aujourd’hui les services administratifs de l’Observatoire de Paris, la bibliothá¿que et les archives; la collection des instruments et autres objets historiques sont exposés dans ce báótiment accessible au public sur rendez-vous.

    Dans les jardins arborés fermés ont été installées deux petits observatoires dont l’un fut dédiée au programme international de la Carte du ciel (1887–1970), et un báótiment aujourd’hui en mauvais état qui abritait le grand équatorial coudé, maintenant démonté (1891–1939). En bordure de terrain, áá l’ouest, sur un terrain acquis en 1970, un nouveau báótiment fut adjoint pour abriter l’Institut national d’astronomie et de géophysique créé en 1967, qui aprá¿s plusieurs transformations administratives fut définitivement rattaché áá l’entité Observatoire de Paris depuis 1998.

    Primitivement placé en campagne, l’ensemble est aujourd’hui situé en ville, dont les jardins constituent une zone tampon entre la cité et les báótiments historiques, sur une surface d’environ 2,5 hectares. Les contraintes environnementales sont strictes, ce qui rend les projets de nouvelles constructions ou de reconstructions d’immeubles trá¿s contrá┤lés et rares. Dans tous les cas, la hauteur des báótiments reste limitée, conditions qui ont contribué áá protéger les capacités astronomiques du site.

    L’ensemble de l’Observatoire de Paris avec son jardin d’origine, constitue toujours un ensemble particuliá¿rement complet et qui témoigne de maniá¿re lisible et compréhensible de son architecture d’origine; il est complété par une série de strates aux dates, origines et fonctions scientifiques parfaitement identifiables. L’environnement des jardins du bien forme avec les báótiments un ensemble áá la fois complet et authentique d’un lieu scientifique majeur sur la longue durée historique.

     

    History and development 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 15
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:01:24
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Historique et développement

    1. Sous l’Ancien Régime

    Construit sur un terrain acheté par Colbert au nom roi Louis XIV, le 7 mars 1667, le báótiment central (1667–1672) est dá╗ áá Claude Perrault, un des plus importants représentants du renouveau de l’architecture française áá l’époque de l’absolutisme royal en France au XVIIe siá¿cle. Ses conceptions néo-classiques sont basées sur l’harmonie des proportions. Au jour du solstice d’été 1667, Adrien Auzout, Jean Picard et leurs collá¿gues, dessiná¿rent le méridien de Paris sur une pierre, et imposá¿rent cette ligne comme axe de symétrie du futur édifice.

    Ce báótiment initial se compose d’un bloc central presque carré de 31m de long sur 29m de large du cá┤té sud. Il est flanqué de deux tours octogonales encastrées, l’une áá l’est, l’autre áá l’ouest. Au nord une tour carrée surmontée d’un tympan triangulaire fait saillie au milieu de la façade. Le báótiment de Perrault comporte trois niveaux de hauteur croissante du rez-de-chaussée áá la plate-forme supérieure, afin de donner un effet visuel de perspective harmonieuse. Le rez-de-chaussée s’ouvre au nord vers la ville. Le premier étage s’ouvre de plain-pied au sud sur une terrasse dallée, prolongée ultérieurement d’une seconde terrasse aujourd’hui arborée. Des murs de soutá¿nement furent construits áá l’est et áá l’ouest.

    Fig. 2. Vue en perspective cavaliá¿re de l’architecture du báótiment principal due áá Claude Perrault. D’aprá¿s C. Wolf,
    Histoire de l’Observatoire de Paris de sa fondation áá 1793 (Paris, 1902), HPIM.5426.

    Fig. 3. L’Observatoire de Paris en 1705. D’aprá¿s C. Wolf, Histoire de l’Observatoire de Paris de sa fondation áá 1793 (Paris, 1902), plate XI.

    Le second étage est essentiellement constitué d’une grande salle voutée, traversant le báótiment du nord au sud. Cette salle s’ouvre au sud par trois grandes fená¬tres. Dá¿s qu’il fut en charge de l’Observatoire, Jean-Dominique Cassini (Cassini I) voulut faire dans cette salle une grande méridienne qui donnerait le temps solaire vrai du lieu. Il fit percer un trou dans le mur sud au-dessus de la fená¬tre centrale, le trou du gnomon, par lequel la lumiá¿re projetait l’image du Soleil sur le sol. La méridienne définitive fut réalisée par Jacques Cassini (Cassini II), en 1729. Elle est constituée de 32 rá¿gles en laiton graduées chacune en dixiá¿mes et en centiá¿mes de leur longueur. La longueur de chaque rá¿gle est égale au dixiá¿me de la hauteur séparant le sol de la salle de la base du trou du gnomon. Cette hauteur avait été elle-má¬me déterminée de façon áá faire dix fois la longueur du pendule áá seconde utilisé par l’astronome Jean Picard, longueur mesurée sur la toise de référence de l’époque scellée dans un mur du Chatelet, et dite ensuite toise de Picard. Ainsi, la méridienne est-elle, elle-má¬me, l’étalon de mesure française des dimensions d’avant la Révolution ; elle a de ce fait une importance historique. Toutes les observations de Picard peuvent donc á¬tre ramenées aux observations ultérieures de façon satisfaisante. Les restaurations successives ont su préserver cet ouvrage de référence exceptionnel. La salle est donc un véritable instrument astronomique.

    Fig. 4. Plan de l’Observatoire. D’aprá¿s C. Wolf, Histoire de l’Observatoire de Paris de sa fondation áá 1793 (Paris, 1902), plate VIII.

    Ce second étage fut surmonté d’un toit en terrasse plane bordée d’une balustrade d’un má¿tre de haut. Cette terrasse dallée, supportée par des voá╗tes, a remplacé la plate-forme d’origine en 1787. Les pans est et ouest des tours octogonales étaient ouverts de façon áá observer respectivement les lever et coucher du Soleil aux solstices, d’autres pans ouverts permettaient d’observer le lever et le coucher du Soleil aux équinoxes. Le báótiment indique donc par sa construction les principaux moments de l’année solaire.

    Un puits de 45m traversait le báótiment, plongeant dans les anciennes carriá¿res de calcaire, prévu pour observer au zénith, mais il fut trá¿s peu utilisé. La tour orientale est ainsi restée ouverte au-dessus du second étage jusqu’au milieu du XIXe siá¿cle.

    En 1730, 1742 et 1760, des petits cabinets d’observation furent adjoints áá la tour orientale, áá l’est, pour une observation continue. Ces nouvelles constructions, de structure légá¿re, durent á¬tre restaurées en 1776, puis modifiées en 1780. Les salles du grand báótiment furent aussi transformées en logements, ou utilisées pour des observations temporaires.

    áÇ la fin du XVIIIe siá¿cle, lorsque Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) prit la direction de l’Observatoire, il eut áá cœur de restaurer le báótiment, de renouveler la collection d’instruments et d’enrichir l’Observatoire d’une bibliothá¿que. Cette remise en état commença dá¿s 1786 et se poursuivit durant plusieurs années. En 1795, l’observatoire devenu Observatoire de la République fut mis sous la tutelle du tout récent Bureau des longitudes.

    2. Les nouvelles constructions, XIXe–XXe siá¿cles

    En 1801, on élargit la porte centrale donnant sur la terrasse sud, pour permettre le passage d’un instrument d’observation. Cette terrasse sud fut en partie dallée en 1843. áÇ l’origine, les jardins des couvents entouraient l’Observatoire. En 1796, on voulut réunir les deux báótiments l’Observatoire au sud et le Palais du Luxembourg au nord, par une avenue. Cette nouvelle voie fut ouverte en 1811. Elle donna l’occasion de déplacer l’entrée principale de l’Observatoire, primitivement rue du Faubourg Saint-Jacques cá┤té est. Elle fut placée au bout de la nouvelle avenue de l’Observatoire. Deux petits pavillons (l’un servit de logement au concierge) furent construits de part et d’autre de l’entrée. Des grilles et un grand portail fermaient maintenant le terrain de l’Observatoire au nord. Au deláá des deux pavillons, des nouveaux murs en arc de cercle ajoutá¿rent áá l’harmonie de la cour nord. L’avenue donnait une perspective élégante sur le palais du Luxembourg vu de l’Observatoire, et sur l’Observatoire, vu du Luxembourg, et ajoute de la monumentalité au site.

    Arago modifia les báótiments cá┤té est, puis en 1845 il fit ajouter une grande coupole au dessus de la tour orientale alors ouverte vers le ciel. Elle ne fut opérationnelle qu’en 1855. En 1857, une seconde coupole plus petite fut ajoutée au dessus de la tour ouest. Elle fut démontée en 1974. On aperçoit, du cá┤té nord, une petite coupole dédiée áá la météorologie. Dans la partie ouest, Arago fit aussi construire un grand amphithéáótre de 800 places, dans lequel il donnait ses cours d’astronomie; Le Verrier le détruisit quelques années plus tard pour y installer ses appartements.

    áÇ la fin du XIXe siá¿cle, deux báótiments et un laboratoire photographique furent installés sur le cá┤té ouest de la seconde terrasse sud, dans la partie ancienne. La coupole d’un des pavillons abritait l’équatorial du grand projet international de la Carte du ciel, la seconde reçut l’équatorial dit de la Sorbonne. Entre les deux pavillons, le laboratoire photographique permettait de développer les plaques de verre.

    Fig. 5. Le báótiment áá deux dá┤mes de la Carte du ciel. Photo © Danielle Fauque

    En 1881, le domaine de l’Observatoire s’étendit au sud par l’acquisition de terrains situés en contrebas. Une partie de ces terrains dits terrains Arago, jouxtant le nouveau boulevard Arago ouvert en 1866, fut convertie en jardin public, dans un espace séparé du domaine propre áá l’Observatoire.

    Deux amputations ont été effectuées au XXe siá¿cle. D’une part, un terrain de 2800 m2 fut cédé, cá┤té rue du Faubourg Saint-Jacques, áá l’est, áá la Société des Gens de lettres qui y reconstruisirent l’Há┤tel de Massa, une ┬½folie┬╗ du XVIIIe siá¿cle, située primitivement avenue des Champs-áëlysées et démontée pierre áá pierre. D’autre part, áá l’ouest, un terrain primitivement prévu pour l’extension de l’Observatoire, fut finalement attribué, en 1937, au futur Institut d’astrophysique, dépendant aujourd’hui de l’Université Pierre-et-Marie Curie. L’Observatoire put ensuite acquérir un terrain plus áá l’ouest, en façade sur l’avenue Denfert-Rochereau, en 1970. Des báótiments (dits báótiments Denfert) y furent érigés. Ils abritá¿rent des bureaux et des laboratoires de recherche de l’Observatoire dont le Bureau international de l’heure (BIH) et les Services du calcul et de mécanique céleste du Bureau des longitudes. L’Observatoire a ainsi pu accueillir des travaux scientifiques importants provenant d’autres lieux devenus plus propices aux observations, participants de programmes internationaux, par exemple des observatoires d’altitude comme celui du plateau de Bures (Hautes-Alpes) et celui de Tenerife (Îles Canaries), ou de l’hémisphá¿re sud comme l’Observatoire européen du Chili, traitement des données de radioastronomie de Nançay et d’observatoires spatiaux comme Hubble, etc.).

    Fig. 6. La façade nord de l’Observatoire. Photo © Danielle Fauque

     

    Justification for inscription

    Comparative analysis 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 16
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:01:52
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Justification de l’inscription

    Analyse comparative

    Ainsi, depuis la fin du XVIIe siá¿cle jusqu’áá aujourd’hui, au sein d’un ensemble architecturel bien préservé, l’Observatoire de Paris avait été et restait l’un des centres principaux oá╣ s’élaborait la science astronomique occidentale, de maniá¿re continue. L’Observatoire de Paris a été et est toujours aujourd’hui au centre d’un réseau international essentiel áá la construction des théories astronomiques, áá leur vérification expérimentale, áá l’application de l’astronomie áá la mesure du temps, áá la navigation et áá la connaissance de la Terre. Il fut suivi de la construction de l’observatoire de Greenwich (1675). Puis au XIXesiá¿cle, des observatoires de Poulkovo et de Berlin.

    En effet, d’un point de vue historiographique, l’Observatoire de Paris est souvent associé áá l’observatoire royal de Greenwich, ou celui de Berlin. Ces deux derniers sont intégrés dans des ensembles fonciers et immobiliers plus vastes que les seuls observatoires historiques. L’observatoire de Greenwich fait partie du site inscrit au Patrimoine mondial (PM par la suite) Maritime Greenwich (inscrit en 1997, bien 795, critá¿res (i) (ii) (iv) (vi)). Il comprend le Royal Naval Collá¿ge (1873–1998), occupant l’ancien Royal Hospital for Seamen at Greenwich, construit entre 1696 et 1712 sur les plans de Christopher Wren, la Queen’s House (1616–1635), et l’observatoire (ROG) lui-má¬me comprenant plusieurs báótiments dont Flamsteed House, et Meridian Building, dédié originellement aux prográ¿s de la navigation astronomique (Ruggles et Cotte 2010: 195–198). La publication par Nevil Maskelyne, astronome royal, du Nautical Almanach áá partir de 1767 devait faire la réputation de ce lieu. Ce lieu est aujourd’hui un musée, et le méridien international de référence décidé en 1884 qui le traversait n’est plus lié aujourd’hui au méridien international de référence (International Reference Meridian: IRM), sans réalité physique. Au XXe siá¿cle, l’observatoire fut déplacé plusieurs fois, puis fermé définitivement en 1998.

    L’observatoire de Berlin, construit áá Babelberg dans un quartier de Postdam entre 1831 et 1835 a permis áá Johann Galle de découvrir la planá¿te Neptune en 1846 sur les indications d’Urbain Le Verrier, directeur de l’Observatoire de Paris. On peut noter que les différents observatoires de Potsdam sont áá proximité immédiate du site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial des Cháóteaux et Parcs de Potsdam (inscrit en 1990 puis étendu en 1992 et 1999, bien 532 ter, critá¿res (i) (ii) et (iv)). Si la présence de l’observatoire est trá¿s briá¿vement mentionnée parmi les attributs du bien au moment de l’inscription, il semble que les installations astronomiques áá caractá¿re patrimonial ne soient pas dans le périmá¿tre du bien qui a été précisé seulement en 2005. Dans la présentation actuelle de ce bien, seules les valeurs de l’architecture et des jardins sont mentionnées comme contribuant áá sa valeur universelle exceptionnelle. On peut noter dans cet ensemble scientifique remarquable la tour Einstein, construite entre 1920 et 1922 par l’architecte Erich Mendelsohn (1887–1953), et consacrée áá l’observation du Soleil (Ruggles et Cotte 2010: 209–212).

    On peut associer áá ces deux sites patrimoniaux, l’Arc géodésique de Struve (inscrit en 2005, bien 1187, critá¿res (ii) (iii) et (vi)), qui s’étend de la Norvá¿ge áá la Mer noire, impliquant une série de biens dans 10 pays différents. Son but initial était de donner une origine géographique áá la détermination des limites des états aprá¿s le traité de Vienne de 1815, mais dont on retient seulement dans la valeur universelle exceptionnelle actuelle qu’il permettait de déterminer la forme exacte de la Terre. La mesure de cet arc de méridien le plus long jamais effectué avait été commandée par l’Empire russe d’une part et le royaume de Suá¿de-Norvá¿ge d’autre part, dont l’autorité couvrait alors l’ensemble des territoires traversés. Le projet se déroula de 1816 áá 1856, et s’étendit sur 2800 km. Il fut dirigé par les Struve, astronomes titulaires de l’observatoire de Poulkovo dont la construction s’acheva en 1839. Cet observatoire est inscrit au Patrimoine mondial dans un ensemble plus large, intitulé Centre historique de Saint-Petersbourg et ensembles monumentaux annexes (inscrit en 1990, modifié en 2013, bien 540 bis, critá¿res (i) (ii) (iv) et (vi)), il reste situé assez nettement en dehors de la ville actuelle, sur l’une des rares hauteurs de la région; l’observatoire est inscrit sous le numéro 540–009. Il s’agit donc ici d’un site patrimonial dont la composition est tout-áá-fait différente du site architectural et scientifique de l’Observatoire de Paris, dont les spécificités et l’histoire sont en outre bien plus anciennes. La tradition de Poulkovo ne se rattache pas directement áá celles de ces trois autres sites présentés (Paris, Greenwich, Berlin-Potsdam) mais elle la complá¿te.

    En effet, áá la différence des autres sites historiques majeurs de l’histoire de l’astronomie que nous venons d’évoquer, l’Observatoire de Paris constitue un site en soi, entiá¿rement et exclusivement dédié áá l’astronomie. Il réunit des qualités architecturales concrétisant les aspirations áá la rationalité du XVIIe siá¿cle, définissant la Révolution scientifique de cette période. Il est le lieu oá╣ sont conservées les archives relatives aux grandes expéditions astronomiques et géodésiques du XVIIe au XIXe siá¿cles, ainsi que celles des programmes internationaux comme la Carte du ciel ou la détermination internationale de l’heure.

    Un programme des plus anciens menés par l’Observatoire de Paris a été la mesure de la Méridienne de France qui s’étend de Dunkerque áá Perpignan et dont le premier morceau avait été mesuré par Jean-Dominique Cassini (Cassini I) sous Louis XIV, puis poursuivi et étendu par les Cassini successifs au XVIIIe siá¿cle, et áá nouveau sous la Révolution et au début du XIXe siá¿cle. Elle a été le premier arc de méridien mesuré dont on espérait la réponse sur la forme de la Terre au début du XVIIIe siá¿cle. Cette méridienne, gravée dans le dallage du premier étage, représente l’axe de symétrie du báótiment historique. Láá encore, l’Observatoire de Paris a montré le chemin par les techniques de triangulation employées qui ont ensuite été utilisées pour toutes les autres entreprises géodésiques. Comme institution d’une part, et par les travaux entrepris d’autre part, son rá┤le scientifique et historique n’a cessé de s’affirmer tout au long des siá¿cles. Depuis son origine, il y a continuité de l’occupation du site et de son utilisation áá des fins astronomiques de référence jusqu’áá aujourd’hui. Les données acquises depuis l’origine sont toujours utilisées dans le monde entier. Le báótiment historique de l’Observatoire de Paris est le mieux conservé, et n’a jamais été détruit; il est toujours en activité, constamment adapté et bien entretenu dans son originalité. La continuité de la mission depuis l’origine est donc patente, et s’est déroulée dans des lieux dont l’architecture d’origine a été conservée.

     

    Integrity and/or authenticity 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 9
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:02:17
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Intégrité et authenticité

    Les báótiments et leur environnement de terrasses et de jardins forment un ensemble monumental et paysager similaire áá ceux du projet initial d’observatoire astronomique, sur un parcellaire général bien conservé et bien lisible, entouré de murs. Les báótiments plus récents du quartier Denfert sont suffisamment éloignés pour ne pas modifier l’aspect architectural de l’Observatoire ancien et de son environnement arboré. Ils restent par ailleurs de hauteur contrá┤lée par l’administration de la ville de Paris. L’espace de l’Observatoire s’est densifié pour accompagner le développement má¬me de l’astronomie, autour et dans un profond respect du báótiment central originel de Perrault. Cet ensemble monumental et paysager forme un paysage significatif, témoignant de l’activité scientifique dans le Monde moderne et contemporain d’un observatoire parmi les plus anciens si ce n’est le plus ancien ensemble scientifique conservé áá ce jour en Europe. L’intégrité d’usage de l’Observatoire a été continue depuis sa création jusqu’áá aujourd’hui.

    Placé sur une colline proche du quartier latin, áá l’altitude de 67 m au repá¿re IGN (longitude 9min 21s Est, latitude 48° 50′ 11,32″ Nord), lieu historique de l’université de Paris, avec un large espace dégagé vers le sud, l’Observatoire a contribué áá l’urbanisation, au XIXe siá¿cle, de la ville de Paris, capitale de la France. Primitivement placé en campagne, l’ensemble est aujourd’hui situé en ville, dans un jardin arboré fermé, constituant une zone tampon entre la cité et les báótiments historiques, sur une surface d’environ 2,5 hectares. Les contraintes environnementales sont strictes, de par l’application des rá¿gles d’urbanisme de la ville de Paris: l’urbanisation du quartier doit rester aérée, ce qui rend les projets de nouvelles constructions ou de reconstructions d’immeubles trá¿s contrá┤lés et rares. Dans tous les cas, la hauteur des báótiments reste limitée, conditions qui ont contribué áá protéger les capacités astronomiques du site.

    Fig. 7. La limite sud de l’Observatoire, le long du boulevard Arago. Photo © Danielle Fauque

    Les modifications apportées au cours des trois siá¿cles de son existence n’ont pas modifié l’Observatoire dans sa structure architecturale d’origine, mais elles ont contribué áá une meilleure utilisation astronomique, notamment en fonction des prográ¿s apportés aux instruments. Le plan général de l’Observatoire a été conservé et má¬me agrandi.

    L’authenticité architecturale des báótiments est bonne (structure, formes, matériaux), seulement affectée légá¿rement par des transformations successives áá chaque fois justifiées par des raisons scientifiques. Ces derniá¿res sont plus áá considérer comme des adaptations et des compléments nécessaires áá la conservation de l’usage que comme une atteinte áá l’ensemble.

    L’ensemble de l’Observatoire de Paris est toujours dans son jardin d’origine, une propriété qui a d’ailleurs été étendue au cours de son histoire comme mentionné plus haut. Il constitue toujours un ensemble particuliá¿rement complet et qui témoigne de maniá¿re lisible et compréhensible de son architecture d’origine; il est complété par une série de strates aux dates, origines et fonctions scientifiques parfaitement identifiables. L’environnement des jardins du bien forme avec les báótiments un ensemble áá la fois complet et authentique d’un lieu scientifique majeur sur la longue durée historique.

     

    Criteria under which inscription might be proposed 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:02:38
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Critá¿res selon lesquels l’inscription pourrait á¬tre proposée

    • Critá¿re (i): L’Observatoire de Paris concrétise un projet fondateur majeur pour le développement de la science rationnelle moderne en Occident, dont il témoigna durant trois siá¿cles et demi de fonctionnement scientifique ininterrompu et conforme áá sa vocation initiale.

    • Critá¿re (ii): Il témoigne d’un échange d’influences considérable depuis sa création, dans le domaine de l’astronomie, de la géodésie et de la détermination de l’heure universelle. Il fut un pá┤le international majeur de diffusion de la connaissance et d’animation de la communauté scientifique internationale.

    • Critá¿re (iii): L’Observatoire de Paris est un témoignage fondateur particuliá¿rement intá¿gre et authentique de la tradition de construction des observatoires astronomiques de la science moderne occidentale et de la vie scientifique et culturelle qui lui a été associée au cours d’une histoire séculaire et continue.

    • Critá¿re (iv): L’Observatoire de Paris, par l’architecture novatrice et fonctionnaliste de Perrault, contribue au renouveau des principes architecturaux antiques de Vitruve, dans le cadre du néoclassicisme propre áá la France du XVIIe siá¿cle. C’est un exemple éminent d’un nouvel esprit esthétique qui sera imité dans d’autres pays européens, mettant en valeur l’axe de symétrie d’un báótiment, illustrant par ailleurs le méridien, comme axe majeur d’organisation des façades extérieures.

    • Critá¿re (vi): L’Observatoire de Paris demeura pendant plusieurs siá¿cles, et jusqu’áá aujourd’hui, un lieu central du développement des connaissances scientifiques dans le domaine de l’astronomie d’observation et dans celui de l’astronomie théorique. Il fut áá de nombreuses reprises le lieu par excellence de la coordination de la coopération scientifique internationale pour l’observation et la connaissance du ciel, dont il fut un centre d’archivage parmi les plus anciens et les plus complets du Monde moderne. C’est un lieu emblématique fondamental de l’histoire de l’astronomie scientifique. Il a été choisi par l’Union astronomique internationale pour y tenir son siá¿ge permanent.

     

    Suggested statement of OUV 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
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      Version: 6
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:03:04
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Proposition de déclaration de valeur universelle exceptionnelle

    Au cœur du XVIIe siá¿cle, l’Observatoire de Paris est une réalisation matérielle totalement novatrice, comme projet issu de la volonté de rationalité au sein du Monde occidental. Un projet d’une telle envergure concrétise l’émergence des nouveaux grands Etats nations du Monde occidental áá la transition de la Renaissance et de l’Epoque moderne, dont il sera le premier symbole scientifique majeur et universellement reconnu. Il est caractéristique de l’émergence de l’Etat français áá l’époque de Louis XIV et contemporain d’autres grandes œuvres symboliques du pouvoir royal: le Palais et Parc de Versailles (Liste PM, 1979; critá¿res (i) (ii) et (vi)), du Canal du Midi (Liste PM, 1996; critá¿res (i), (ii) (iv) et (vi)) et de l’Académie des sciences.

    Il s’agit de mieux connaá«tre le ciel afin de mieux connaá«tre le territoire de l’Etat nation afin de le cartographier et de le maitriser de la maniá¿re la plus scientifique possible. Sa matérialité physique définira et abritera le point référence du territoire (longitude zéro). Pour la premiá¿re fois, la méridienne est tracée dans la pierre, le jour du solstice d’été 1667, pour former l’axe de symétrie de l’Observatoire. Le Monde britannique prendra rapidement la suite avec la création de l’Observatoire de Greenwich ouvert en 1675. Il faudra attendre le XIXe siá¿cle pour voir se développer des observatoires d’une importance comparable áá celui de Paris.

    áÇ l’origine placé sous la tutelle de l’Académie royale des sciences fondée en 1666, l’Observatoire devait abriter les salles destinées aux expériences des académiciens, comme la salle de dissection et le laboratoire de chimie, le cabinet des machines, et comporter des salles de réunion ainsi que quelques logements. Il s’inspirait clairement de l’observatoire de Tycho Brahé áá Uraniborg. Mais placé alors en pleine campagne, éloigné du centre actif de la ville, il ne fut guá¿re utilisé que pour des observations astronomiques, confortant ainsi son statut d’observatoire.

    Créé de par la volonté du roi, l’Observatoire devait en illustrer la puissance par la maá«trise scientifique áá une époque de renouveau pour l’étude de la nature et d’une façon générale pour le monde, né áá la Renaissance, et concrétisé de façon forte par la révolution copernicienne; il portait en lui-má¬me l’idée de l’unité du savoir. L’observation systématique et réguliá¿re du ciel qui avait été effectuée par Tycho Brahé (1546–1601), l’exploration croissante du monde terrestre par les voyages et la cartographie, commençait d’enrichir considérablement l’inventaire du ciel et de la Terre au XVIIe siá¿cle; l’Observatoire de Paris fondé en 1667 voulait répondre áá cette demande. áÇ l’origine, les futures fonctions de l’Observatoire avaient été définies par les astronomes du roi, Adrien Auzout et Jean Picard (1620–1682), inventeurs de nouveaux instruments d’observation, et de nouvelles procédures d’observation. C’est dans ce cadre que Picard se rendit áá Uraniborg (situé sur l’á«le de Ven (Hven), proche de Copenhague, actuellement en Suá¿de) pour relever précisément la différence de longitude entre l’observatoire de Tycho et celui de Paris, en 1671. Il s’agissait ensuite de dresser les tables astronomiques en référence au méridien de Paris, défini par la position de l’Observatoire. Le programme envisagé fut modifié par Cassini I quelques années aprá¿s, qui ajouta l’observation des surfaces planétaires et des satellites de Jupiter, et la cartographie de la Lune. Les astronomes entreprirent aussi la triangulation du royaume initiée et poursuivie par les Cassini, au XVIIIe siá¿cle.

    Colbert, au nom du roi, confia la conception de l’Observatoire áá Claude Perrault (1613–1688). Ce dernier était membre de l’Académie des sciences, récemment créée. C’était un physiologiste, un anatomiste, autant qu’un architecte. Ses recherches personnelles portent sur les questions de son temps: la physique des corpuscules, l’anatomie révélant l’harmonie d’un corps vivant, dont l’organisation intérieure répond áá des fonctions établies et coordonnées. Le roi venait de lui confier la traduction des œuvres de Vitruve. áÇ cet effet, il effectua un travail considérable de recherches et d’analyse critique, et nul doute que l’architecture de l’Observatoire de Paris en garde les traces. Ce bloc sobre, dénué d’ornementations superflues, était bien destiné áá un usage différent de celui de tous les monuments de l’époque. La pureté des lignes, la symbolisation de ses orientations, la répartition des piá¿ces et des couloirs, favorisant la circulation des hommes et des instruments entre les quatre points cardinaux, l’envolée de l’escalier tournant magistral, sans pilier central, áá la courbe mathématique, tout concours áá voir dans l’Observatoire, le corps architectural synthétisé de la pensée scientifique du XVIIe siá¿cle. Jusqu’áá la méridienne, conservant la longueur du pendule battant la seconde de Picard, qui ne rappelle l’idée de mesure universelle affirmée que celle-ci représentait dans l’esprit de l’astronome.

    * * *

    Paris devient alors le lieu de référence de l’observation du ciel dans le Monde occidental, et l’Observatoire le symbole tangible de cette révolution scientifique, tant dans son esprit savant et son ambition politique que dans l’affirmation d’une architecture monumentale propre áá cet esprit de rationalité au service du roi. Il est construit entiá¿rement en pierres de taille d’une qualité remarquable, sans charpente et uniquement avec des voá╗tes. Le style architectural est typique du néoclassicisme français, il est conçu pour durer.

    Le grand œuvre du XVIIIe siá¿cle est probablement la Carte des Cassini, cet arpentage métré en fin, par triangulation du royaume que suivirent áá leur suite toutes les nations éclairées. Mais ce que l’on retiendra, ce sont ces expéditions, l’une au Pérou, l’autre en Laponie, qui montrá¿rent que la Terre était bien aplatie aux pá┤les. Le Bureau des longitudes, en charge de l’Observatoire, va poursuivre ce travail de triangulation dans le grand projet d’unification des mesures. L’unité de longueur devait-elle á¬tre basée sur la longueur du pendule battant la seconde, ou sur une portion du méridien terrestre? On retint la derniá¿re proposition: le má¿tre serait le quart de la dix-millioniá¿me partie du méridien. Ce fut l’objet de grandes expéditions géodésiques avec les Delambre, Méchain et autres Arago. La toise du Pérou, toujours conservée áá l’Observatoire, restait la longueur de référence.

    Mais le monde s’ouvre, les connaissances s’élargissent, et l’Observatoire s’agrandit en évoluant dans le má¬me sens. De plus en plus de personnes circulent et de plus en plus rapidement. Au milieu du XIXe siá¿cle, l’arrivée du chemin de fer et le développement du télégraphe rapprochent les hommes, compriment le temps. Urbain Le Verrier comprend tout le parti que l’on peut tirer du télégraphe pour transmettre et diffuser l’information, en l’occurrence, les informations météorologiques. Il construit ainsi peu áá peu un réseau régional, national, puis européen. Il put ensuite dresser des tables de prévision météorologiques. L’Observatoire était alors dans les années 1850 tout áá fait innovant dans le domaine. L’Angleterre et les Pays-Bas lui emboá«tá¿rent le pas, et développá¿rent de tels réseaux en liaison avec la marine.

    La transmission des signaux d’informations météorologiques exigeait aussi un systá¿me électromécanique de synchronisation des signaux temporels. De má¬me, Les chemins de fer obligeaient d’avoir des montres ┬½ áá l’heure ┬╗, synchronisée sur une horloge de référence. Le temps solaire vrai n’est plus le temps des hommes. La question du temps, de quelle mesure de temps avons-nous besoin pour nous accorder, et donner de la cohérence áá nos mesures?

    La mesure du temps, la synchronisation des horloges, est également liée aux coordonnées géographiques. Voiláá la troisiá¿me période de l’Observatoire. Le Service de l’heure, depuis les signaux électromagnétiques partis de l’Observatoire, et émis par la Tour Eiffel, permet áá Paris de tenir un premier rang sur la scá¿ne internationale áá partir de 1910 dans ce domaine. Aprá¿s l’adoption du méridien de Greenwich par la France en 1911, Paris accueille sur son initiative, la Conférence internationale de l’heure en 1912. Le Bureau international de l’heure (BIH), qui en naá«t et dont le siá¿ge est fixé áá l’Observatoire, ne fonctionnera effectivement qu’aprá¿s la Premiá¿re guerre mondiale. Le développement du service de l’heure áá l’Observatoire conduit áá la premiá¿re horloge parlante au monde, en 1933.

    * * *

    Reliée áá l’évolution du monde, áá la globalisation en marche, aux exigences de standardisation de toute grandeur quantifiable dont témoignent l’apparition puis la fréquence des congrá¿s internationaux, l’astronomie, elle-má¬me, n’est plus une question d’individu, mais répond áá un programme de plus en plus collectif, d’abord par observatoire, ensuite par réseaux d’observatoires nationaux puis internationaux. áÇ ce titre, le projet de la Carte du Ciel est tout áá fait représentatif. Créée par initiative française au cours d’un congrá¿s international réuni áá l’Observatoire en 1887, cette entreprise réunit áá ses débuts dix-huit observatoires européens et sud-américains. L’entreprise se termine en 1970 quand le développement des satellites artificiels peut la remplacer. Elle marqua un moment essentiel de l’histoire internationale de l’astronomie contemporaine.

    Une nouvelle période commence, caractérisée par l’internationalisation générale des travaux astronomiques, montrant que l’Observatoire de Paris reste au cœur des actions, tout en gardant son identité d’origine. Son centre d’archives astronomiques reste l’un des plus importants et des plus complets au monde (voir ci-dessous). L’Union astronomique internationale, créée en 1919, élit Benjamin Baillaud, directeur de l’Observatoire de Paris comme premier président. Le secrétariat permanent est actuellement áá l’Institut d’astrophysique.

    En conséquence, la valeur universelle exceptionnelle de l’Observatoire de Paris peut s’exprimer par les critá¿res (i), (ii), (iii), (iv) et (vi) (voir ci-dessus).

     

    State of conservation and factors affecting the property

    Present state of conservation 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
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      Version: 6
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:03:37
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    áëtat de conservation du bien et facteurs affectant le bien

    áëtat actuel de conservation

    Le báótiment Perrault est en excellent état, ayant toujours été occupé et continuellement entretenu depuis le XIXe siá¿cle. Cependant, les petits báótiments (carte du ciel et équatorial) situés áá l’ouest sont áá restaurer. Le báótiment de l’équatorial coudé tombe en ruine.

    Fig. 8. L’aile orientale du báótiment principal de l’Observatoire. Photo © Danielle Fauque

     

    Factors affecting the property 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
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      Version: 5
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:04:03
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Facteurs affectant le bien

    Pressions dues au développement

    D’aprá¿s les informations actuelles, aucune menace extérieure ne touche aux báótiments historiques. La protection légale française est maximale (Monument historique, voir paragraphe suivant). Les constructions dans l’environnement et dans la zone tampon sont pérennes et leur hauteur, comme déjáá indiqué, ne sont pas susceptibles de changer dans l’avenir. Le quartier est essentiellement un quartier résidentiel assez arboré. Une architecture typique du XIXe siá¿cle domine, avec quelques báótiments d’habitation du XXe siá¿cle. Récemment, la maternité de Port-Royal a construit de nouveaux báótiments en bordure du domaine foncier du bien (53 avenue de l’Observatoire), mais leur hauteur respecte le cahier des charges car ces báótiments sont dans le périmá¿tre protégé par la loi française.

    Contraintes liées áá l’environnement

    Comme dans toutes les grandes villes, le ciel parisien souffre d’une pollution constante, attaquant la pierre et qui nécessite un entretien régulier des façades. Le sous-sol est percé de nombreuses anciennes carriá¿res, le RER passe également trá¿s en dessous du terrain de l’Observatoire, du cá┤té est.

    Les locaux de l’Observatoire de Paris sont en principe tous équipés aux normes incendies, conformément áá la réglementation française pour ce type de báótiments, simultanément historiques et d’utilité publique. D’importants moyens techniques sont en place en cas de sinistre (incendie, accident majeur, attentat…), dans le cadre du SDIS 75 (service d’intervention incendie et de secours) de la ville de Paris et du département de la Seine. La présence de deux grands boulevards et de deux rues importantes le long de la propriété assure une intervention rapide en cas de sinistre.

    Catastrophes naturelles et planification préalable

    Par ailleurs, la région parisienne est une zone sismique de faible risque. Du fait de la situation de l’Observatoire sur le sommet d’un léger promontoire, il n’y a pas de risque d’inondation. Enfin, les impacts du changement climatique en cours ne sont pas sensibles pour l’instant au niveau de l’Observatoire.

    Contraintes dues aux visiteurs et touristes

    L’entrée des locaux est strictement réglementée et contrá┤lée, n’étant autorisée qu’aux personnes accréditées ou aux visiteurs dá╗ment enregistrés. Des employés de gardiennage font partie du personnel de l’Observatoire.

     

    Protection and management

    Ownership 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
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      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:04:29
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Protection et gestion

    Droit de propriété

    L’Etat est propriétaire de cet établissement. Le Ministá¿re de tutelle est celui de l’Enseignement supérieur et de la recherche; suivant les gouvernements, il peut á¬tre inclus dans un grand Ministá¿re de l’éducation. Son usage et sa gestion sont confiés áá une Institution publique autonome, dite ┬½ Observatoire de Paris ┬╗ qui a le statut d’établissement public de coopération scientifique (EPCS) au sein d’une Fondation de coopération scientifique, dénommée Paris Sciences Lettres – Quartier latin (PSL) depuis 2012. Il a rang d’université et peut délivrer des diplá┤mes de thá¿se et de master dans les différents domaines scientifiques afférant áá l’astronomie, áá l’astrophysique et aux sciences associées.

     

    Protective designation 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
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      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:04:58
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Classement de protection

    Le báótiment central et les jardins avec leurs clá┤tures (murs, grilles, et pavillons d’entrée) ont été classés ┬½ monument historique ┬╗ par un arrá¬té du 12 juin 1926, dans les conditions d’application du décret du 18 mars 1924 de la loi du 31 décembre 1913, et est, de ce fait, un site protégé au plus haut niveau de la législation française. Elle implique en particulier une zone de protection supplémentaire dans un rayon de 500 m, qui impose un avis obligatoire et suspensif de l’administration du Ministá¿re de la culture sur le projet. L’instruction du dossier et l’avis de conformité sont réalisés par l’Architecte des báótiments de France (ABF) en charge du secteur urbain. Les ABF constituent un corps de fonctionnaires de l’áëtat depuis le XVIIe siá¿cle. Nous avons vu que la restructuration de la maternité voisine avait suivi et respecté cette disposition de la loi de 1913. La décision de protection de l’ensemble a été actualisée par un arrá¬té modificatif de classement en date du 14 décembre 2009. Un arrá¬té du 23 décembre 2009 inclut les édicules placés sur le site dont le báótiment du grand équatorial coudé et celui de la Carte du ciel.

    Au-deláá des jardins (concept de Zone Tampon), comme déjáá indiqué, l’urbanisme parisien voisin de l’Observatoire date essentiellement de la seconde moitié du XIXe siá¿cle et du début du XXe siá¿cle. Il a les qualités bien connues de l’architecture haussmannienne et forme áá ce titre un écrin significatif du site classé Paris Rives de la Seine (Liste PM, 1991), au sud de la rive gauche. Ce quartier continue l’extrémité ouest du vaste ensemble scientifique et éducatif báóti par la France áá Paris, sur la Montagne Sainte-Geneviá¿ve, depuis la Sorbonne médiévale jusqu’au milieu du XXe siá¿cle. Ses rá¿gles de protection sont celles du centre urbain de Paris. Il s’y applique en particulier la loi de 1913 sur les monuments historiques assortie de nombreux décrets complémentaires circonstanciés monument par monument. La densité des monuments historiques rend de maniá¿re presque automatique l’application de la rá¿gle des 500 m. Ces dispositions sont en outre reprises et systématisées par quartiers, dans le cadre du plan d’urbanisme réguliá¿rement actualisé de la ville de Paris et en conformité avec le Code de l’urbanisme français. Aucun immeuble de taille élevée ou de façade trop anachronique en regard de son environnement visuel ne peut y á¬tre envisagé. Tout projet doit á¬tre soumis áá la ville de Paris et au Ministá¿re de la culture, direction des Monuments historiques, pour un avis de conformité rendu par les ABF. Cette servitude s’applique aux immeubles et aux espaces situés áá la fois dans un périmá¿tre de cinq cents má¿tres de rayon autour de l’Observatoire et dans son champ de co-visibilité (c’est áá dire visible depuis l’Observatoire ou en má¬me temps que lui) (loi du 25 février 1943). Ces dispositions légales et réglementaires constituent de facto une zone tampon, au sens du Patrimoine mondial, et elles contribuent áá conserver l’intégrité visuelle du bien, et elles lui donnent un environnement qui permet une bonne expression de son authenticité scientifique et culturelle.

     

    Property management plan 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
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      Version: 8
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:05:23
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Plan de gestion du bien

    Fig. 9. L’entrée principale de l’Observatoire. Photo © Danielle Fauque

    Conservation et gestion des báótiments, des collections et des archives

    Comme déjáá indiqué, le gérant et usager du bien est l’institution publique et scientifique autonome de l’Observatoire de Paris, ayant rang d’université. Son activité exclusivement dédiée áá l’astronomie est garantie par ce statut. Cela induit une attention particuliá¿re pour la conservation de la collection d’instruments, la conservation documentaire et archivistique. Les archives sont également protégées par leur statut d’archives publiques exercé par les Archives nationales; elles sont gérées par des personnels professionnels spécialisés, sous le double contrá┤le de l’Observatoire de Paris et des Archives nationales.

    Il s’agit d’une gestion d’un patrimoine báóti et de jardins dans la continuité directe de la vocation historique de l’Observatoire, ce qui en fait un patrimoine vivant. La conservation de long terme du bien est garantie par la présence permanente d’astronomes professionnels, d’une administration dédiée áá cet usage, d’une conservation professionnelle tant des archives que des instruments anciens et modernes. L’entretien des báótiments et des jardins est assuré par un personnel professionnel permanent attaché áá l’Observatoire et de statut public. Le statut de báótiment public et monument historique lui assure une conservation qui bénéficie du suivi et de l’aide des services spécialisés de l’Etat (Monuments historiques et architecte des Báótiments de France), ainsi que de d’aides du Ministá¿re de la culture en cas de besoins de restauration.

    La collection d’instruments

    La collection d’instruments anciens est l’une des plus significatives qui soit, en référence avec des utilisations majeures pour l’histoire de l’astronomie moderne et contemporaine (inventaire en ligne). Ils sont entretenus, voire pour certains encore utilisés. Leur présence renforce l’authenticité scientifique du lieu (quelques-uns comme la lunette Arago, le cercle méridien et l’équatorial de la Carte du ciel sont des instruments fixes toujours sur leur site d’origine). Plus largement, ils témoignent, sur la longue durée de l’histoire des sciences, d’un lieu authentique de la production scientifique en Occident.

    áÇ ce titre, la collection d’instruments dont plusieurs sont fixes contribue áá l’intégrité du lieu en tant que composante de la complétude scientifique du bien proposé et de démonstration de la continuité comme de l’évolution de ses usages depuis sa fondation. Elle contribue áá démontrer et áá illustrer l’importance de l’Observatoire de Paris en tant que lieu scientifique majeur pour une durée exceptionnelle d’utilisation dans le domaine de l’astronomie instrumentale. Elle permet une bonne compréhension de ses fonctions historiques dans un contexte presque toujours international et áá la pointe tant des prográ¿s techniques de l’astronomie que de la recherche observationnelle et théorique.

    Archives, documentation

    l en va de má¬me pour les archives historiques, dont beaucoup de documents sont uniques et souvent autographes d’astronomes considérés comme majeurs dans l’histoire des observations comme des théories astronomiques propres áá l’histoire scientifique du Monde occidental. Elles couvrent de maniá¿re homogá¿ne et continue prá¿s de quatre siá¿cles d’histoire de l’astronomie, ce qui est exceptionnel et peut-á¬tre unique. L’Observatoire a reçu également des documents authentiques rassemblés par les astronomes eux-má¬mes dont des papiers de Johannes Hevelius (1611–1687), puis áá la Révolution des collections confisquées vinrent enrichir ses fonds.

    Leur contribution áá la valeur universelle de l’Observatoire de Paris est essentielle; elle est complémentaire de l’apport déjáá évoqué des collections. Il s’agit d’une contribution majeure et unique en tant qu’ensemble scientifique par le nombre, l’ancienneté et la qualité des archives rassemblées, ainsi que par leur exhaustivité et leur état de conservation actuel. Ces archives constituent autant de témoignages d’observateurs que de savants de premier plan áá des moments différents des prográ¿s de la connaissance humaine dans son environnement astronomique et cosmique. Leur caractá¿re est exceptionnel tant par la durée de la compilation recueillie que par son amplitude en tant que collection de documents scientifiques historiques de premiá¿re main. Ils apportent également une dimension de contenu scientifique áá l’authenticité de longue durée du bien proposé et une preuve matérielle et intellectuelle de son rá┤le historique comme d’une science trá¿s tá┤t internationale en train de se constituer, en lien avec les meilleurs sites d’observation des différentes périodes de l’histoire de l’astronomie moderne et contemporaine. Les archives et collections documentaires apportent une base exceptionnelle pour l’analyse comparative non seulement de l’Observatoire de Paris en tant que monument scientifique, mais de toutes les grandes contributions observationnelles et théoriques ayant participé áá la construction du corpus de l’astronomie scientifique dans le Monde, du milieu XVIIe siá¿cle áá la seconde partie du XXe siá¿cle.

    On doit áá Jean-Dominique Cassini (Cassini IV, 1748–1845), la fondation du centre d’archives. Il déposa áá l’Observatoire les papiers conservés dans sa famille, et une grande partie de sa bibliothá¿que. Le Bureau des longitudes recueillit un certain nombre d’instruments. L’amiral Mouchez poursuivit cette entreprise et retrouva nombre d’instruments anciens, créant ainsi la base du Musée et des collections historiques d’aujourd’hui.

    L’imposante bibliothá¿que conserve les archives concernant l’Observatoire dans des conditions strictes d’usage depuis sa création. Les données ainsi réunies (recueils manuscrits de données d’observations originaux, correspondances d’astronomes de toutes nationalités, pendant plus de trois siá¿cles, documents des périodes antérieures áá la création) sont d’une valeur inestimable, toujours utilisées aujourd’hui par les astronomes du monde entier pour les besoins de leurs recherches ou de l’astronomie spatiale. Citons l’exemple des documents manuscrits d’observation des éclipses des satellites de Jupiter des XVIIe et XVIIIe siá¿cles, dont celles de Römer, et qui n’avaient pas été publiées. En 1976, le Jet Propulsion Laboratory (NASA) fit décrypter ces manuscrits, les fit microfilmer, les remis áá un temps uniforme calé sur les satellites, afin de les utiliser pour la préparation des missions des sondes Voyager.

    De 1985 áá nos jours: un Observatoire au cœur des recherches internationales

    L’Observatoire participe áá des programmes internationaux, ou utilise des moyens d’observation internationaux partagés, comme l’Observatoire européen austral (ESO), les radiotélescopes de l’Institut de radioastronomie millimétriques (IRAM), dont le siá¿ge social est áá Grenoble, ou les satellites de la NASA et de l’ESA. Une visite des sites internet de l’Observatoire de Paris, renseignera sur ces programmes.

    Rappelons cependant que la coopération et les échanges internationaux furent établis dá¿s l’origine.

    L’Observatoire de Paris a été et reste le centre d’une vaste coopération internationale. Donnons quelques exemples. Dá¿s le XVIIIe siá¿cle, Joseph-Nicolas Delisle commençait en centralisant les données d’observation du passage de Vénus devant le disque solaire en 1761, exploitées ensuite par Jérá┤me de Lalande. Ce dernier poursuivit l’entreprise et réunit 120 observations du second passage en 1769; pendant plus de cinquante ans, il tissa un réseau de correspondants et d’observateurs dont les observations contribuá¿rent áá l’établissement de ses tables des planá¿tes et des étoiles, mais il ne travaillait pas áá l’Observatoire. Il fallut attendre Le Verrier pour une premiá¿re entreprise internationale menée depuis l’Observatoire, et qui commença dá¿s 1854. Ce fut le premier réseau national puis européen de météorologie, permettant l’émergence d’une météorologie prédictive.

    L’établissement de la Carte du ciel fut donc le véritable premier programme astronomique international mené áá partir de l’Observatoire. L’astronome David Gill, de l’observatoire du Cap, désirait établir une série photographique de tout le ciel austral, dont on établirait un catalogue; il fit part de cette idée áá l’amiral Mouchez en 1885. Or les photographies du ciel étoilé, prises jusqu’áá cette date, avaient déçu tous les espoirs. Peu de prográ¿s apparaissaient par rapport aux procédés traditionnels. Cependant, les frá¿res Paul et Prosper Henry, opticiens áá l’Observatoire de Paris depuis 1879, venaient d’obtenir des photographies satisfaisantes d’étoiles jusqu’áá la 14e grandeur avec un nouvel objectif spécialement adapté pour la photographie sur un instrument de Gautier.

    Le projet prit d’abord forme en France; les observatoires d’Alger, de Toulouse et de Bordeaux formá¿rent un réseau national. Mouchez sollicita l’avis de ses collá¿gues étrangers pour étendre l’entreprise au ciel entier, divisé en secteurs, puis organisa áá Paris un congrá¿s international sous l’égide de l’Académie des sciences en 1887. Une commission internationale permanente pour le suivi de l’entreprise de la Carte du ciel fut instituée. Chacun des dix-huit observatoires associés devait á¬tre équipé d’un instrument Gautier-Henry (deux lunettes couplées, l’une avec un objectif visuel, l’autre avec un objectif photographique) ou de má¬mes performances techniques. Les frá¿res Henry inventá¿rent une machine spéciale pour mesurer les clichés. Il y avait unification des instruments et des techniques d’observation ainsi que du traitement des clichés. Mais les méthodes de réduction des données dépendaient d’une table de constantes fondamentales, qui n’étaient pas quant áá elles encore unifiées. Ce fut au congrá¿s de 1896, que l’accord sur ce dernier point fut obtenu. L’avancée du projet fut donc lente. áÇ partir de 1919, l’UAI soutint la publication de plusieurs catalogues tirés de la Carte du ciel. L’entreprise fut close en 1970, sans avoir été terminée, mais l’avancée des technologies ne justifiait plus sa maintenance. Dans cette entreprise, la place de l’Observatoire fut primordiale. Le directeur de l’Observatoire coordonnait les travaux internationaux; le Comité se réunissait áá Paris.

    Presque comme une conséquence, la nouvelle UAI fondée en 1919 eut comme premier président, Baillaud, directeur de l’Observatoire. Ses archives, conservées áá Paris, furent utilisées pour des missions satellitaires dont celle d’Hipparcos (ASE, 1989–93), dont on tira les catalogues d’étoiles Hipparcos, Tycho et Tycho-2 (1997–2000).

    Au tournant du XXe siá¿cle, la demande internationale pour une normalisation des méthodes, une unification de présentation des résultats, une détermination des constantes fondamentales était formulée dans la plupart des domaines scientifiques. Pour l’astronomie, cela devenait crucial pour la mesure du temps et ses corollaires. L’Observatoire joua avec le Bureau international de l’heure un rá┤le de premier plan. En 1912, on voulut unifier l’heure, et pour cela, il fallait synchroniser les signaux émis par les différents pays. Fondé en 1912, et gráóce áá l’action de Baillaud, le BIH fut installé dans les locaux du Service de l’heure dans la tour orientale du báótiment Perrault, mais la guerre survint avant qu’une convention internationale ne fá╗t signée. Il ne commença donc áá réellement fonctionner qu’áá partir de 1919 sous la responsabilité de l’UAI (commission 19), et fut dirigé par Bigourdan. Cette entreprise nécessitait de reprendre par télégraphie des mesures plus précises des longitudes, que l’Observatoire centralisa. Les signaux horaires étaient émis de la Tour Eiffel. En 1933, la premiá¿re horloge parlante mise en service public dans le monde égraina ses tops áá la précision au dixiá¿me de seconde (le milliá¿me aujourd’hui) áá partir de l’Observatoire de Paris. Le BIH fonctionna jusqu’en 1987, oá╣ il fut supprimé en má¬me temps que le Service international du pá┤le.

     

    Documentation

    Photos and other AV materials 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
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      Version: 28
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:05:53
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Documentation photographique et audiovisuelle

    Netothá¿que
    • Ce site donne une histoire de l’Observatoire de Paris jusqu’áá la fin du XXe siá¿cle, basée sur les archives et des études historiques de haut niveau.
    • Les catalogues en ligne permettent de saisir la richesse de la bibliothá¿que et des archives de l’Observatoire de Paris.
    • Celles-ci sont pages pour les instruments, documents et archives de l’astronomie de l’Observatoire de Paris.
    • Cette page concerne le báótiment de l’architecte Perrault et sa conservation.
    • Ce site (nécessite un code d’accá¿s áá demander áá l’Observatoire de Paris) présente le catalogue des instruments conservés áá l’Observatoire de Paris.

     

    Texts relating to protective designation 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 8
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:06:24
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Textes relatifs au classement áá des fins de protection

    Législation concernant l’Observatoire de Paris. Voir le site Legifrance:

     

    Bibliography 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 72
      Subentity: 1
      Version: 7
      Status: PUB
      Date: 2015-02-19 17:07:18
      Author(s): Danielle Fauque with contributions by Michel Cotte

    Bibliographie

    Ruggles, C.L.N. and Cotte, M., 2010. Heritage Sites of Astronomy and Archaeoastronomy in the context of the UNESCO World Heritage Convention — A Thematic Study. ICOMOS/IAU, Paris. http://www2.astronomicalheritage.net/index.php/thematic-study

    Indications bibliographiques

    Le livre de Charles Wolf reste la référence en langue française pour la période pré-révolutionnaire. Le dernier ouvrage paru, de L. Bobis et J. Lequeux, présente l’histoire de l’Observatoire jusqu’áá nos jours dans une présentation magnifiquement illustrée. Les actes des colloques, cités ci-aprá¿s, proposent un large éventail des activités qui se sont déroulées áá l’Observatoire de Paris depuis sa fondation. Enfin, des monographies éclairent l’histoire de l’Observatoire dans un contexte plus large. Les travaux de Michael Petzet, sur les travaux d’architecture de C. Perrault sont essentiels. Antoine Picon s’y réfá¿re dans sa belle étude sur Perrault. Les informations sur la vie et les travaux de Claude Perrault ajoutent ainsi plus de cohérence áá la compréhension du projet d’observatoire réalisé áá la fin du XVIIe siá¿cle.

    1. Histoire de l’Observatoire

    Anonyme, L’Observatoire de Paris. Son histoire, 1667–1963 (Paris, Observatoire de Paris, 1963). Avant-propos de Pierre Charvin, directeur.

    Bobis, Laurence, et Lequeux, James (dir.), L’Observatoire de Paris. 350 ans de science (Paris, Gallimard, Observatoire de Paris, 2012).

    Couderc, Paul, L’Observatoire de Paris (Paris, Observatoire de Paris, 1967).

    Débarbat Suzanne, Grillot Solange, et Lévy Jacques, L’Observatoire de Paris. Son histoire 1667–1963 (Paris, Observatoire de Paris, 1984). Réédition revue, corrigée et augmentée en 1990.

    Débarbat Suzanne, ┬½ L’Observatoire de Paris ┬╗, in Gilles-Antoine Langlois (dir.), Montparnasse et le XIVe arrondissement (Paris, Publications de la Ville de Paris, 2000), 76–90. Collection ┬½ Paris et son patrimoine ┬╗.

    Mouchez Ernest, Contre-amiral, ┬½ Annexion du terrain Arago ┬╗, in Rapport annuel sur l’état de l’Observatoire de Paris pour 1878, pp. 21–24.

    Petzet, Michael, ┬½ Claude Perrault als Architekt des Pariser Observatoriums ┬╗, in Zeitschrift fur Kunstgeschichte, 30/1 (1967), pp. 1–54.

    Petzet, Michael, ┬½ The Observatory of the Sun King and Classical Astronomy ┬╗, in Wolfschmidt, Gudrun (ed.), Astronomical Observatories: From Classical Astronomy to Modern Astrophysics (2009), pp. 25–34. Opening lecture.

    Picon, Antoine, Claude Perrault ou la curiosité d’un classique (Paris, Picard, CNMHS, DAAVP, 1988).

    Wolf, Charles, Histoire de l’Observatoire de Paris de sa fondation áá 1793 (Paris, Gauthier-Villars, 1902).

    2. Sur les travaux liés aux activités de l’Observatoire

    Adler, Ken, The Measure of all things. The seven-year odessey and hidden error that transformed the world (New York, Free Press, 2002). Tr. frse par M. Devillers-Argouarc’h, Mesurer le monde. L’incroyable histoire de l’invention du má¿tre (Paris, Flammarion, 2002). Collection Champs Histoire, avec des notes mises áá jour.

    Anonyme, Rœmer et la vitesse de la lumiá¿re (Paris, Vrin, 1978). Actes du colloque de Paris, 16-17 juin 1996. Avant-propos de René Taton.

    Débarbat, Suzanne, ┬½ Courte histoire des raccordements des observatoires de Paris et de Greenwich ┬╗, Revue XYZ, 79 (2e trim. 1999), 77–82. Communication au congrá¿s FIG, Brighton, 1998.

    Débarbat, Suzanne, ┬½ L’Observatoire de Paris, le Bureau des longitudes et les observatoires de province ┬╗, in Guy Boistel (coord.), Observatoires et patrimoine astronomique français (Lyon, ENS áëditions, SFHST, 2005), pp. 65–87. Actes du colloque 8–9 juin 2001, Nantes. Coll. Cahiers d’histoire et de philosophie des sciences, n°54, SFHST.

    Dumont, Simone, Un astronome des Lumiá¿res, Jérá┤me Lalande (Paris, Observatoire de Paris, Vuibert, 2007).

    Ferreiro, Larrie D., Measure of the Earth. The Enlightenment Expedition that reshaped the World (NewYork, Basic Books, 2011).

    Gapaillard, Jacques, ┬½ Comment la France adopta l’heure de Greenwich ┬╗, in Pour La Science, 401, mars 2011, pp. 78–81.

    Gapaillard, Jacques, L’histoire de l’heure en France (Paris, Vuibert, ADAPT-SNES, 2011).

    Lacombe, Henri et Costabel, Pierre (dir.), La Figure de la Terre du XVIIIe siá¿cle áá l’á¿re spatiale. Actes du colloque de Paris, 29–31 janvier 1986 (Paris, Gauthier-Villars, 1988).

    Lamy, Jérá┤me (dir.), La Carte du ciel: histoire et actualité d’un projet scientifique international (Les Ulis, EDP Sciences, 2008).

    Lequeux, James François Arago, un savant généreux. Physique et astronomie au XIXe siá¿cle (Paris, Observatoire de Paris; Les Ulis, EDP Sciences, 2008).

    Lequeux, James, Le Verrier : savant magnifique et détesté (Les Ulis, EDP Sciences, Paris, Observatoire de Paris, 2009).

    Levallois, Jean-Jacques, Mesurer la Terre. 300 ans de géodésie française. De la toise du Cháótelet au satellite (Paris, Presses de l’ENPC, Association française de topographie, 1988).

    Locher, Fabien, Le savant et la tempá¬te. áëtudier l’atmosphá¿re et prévoir le temps au XIXe siá¿cle (Rennes, PUR, 2008).

    Löewy, Maurice, et Puiseux Pierre, Atlas photographique de la Lune (Paris, Observatoire de Paris, 1896-1910). Numérisé sur Gallica.

    McConnell, Anita et Martin, Jean-Pierre, ┬½ Joining the observatories of Paris and Greenwich ┬╗, Notes and Records of the Royal Society, 62/4 (20 December 2008), 355–372.

    Petzet, Michael, Claude Perrault und die Architektur des Sonnenkönigs (Munich, Deutscher Kunstverlag, 2000).

    Picolet, Guy (dir.), Jean Picard et les débuts de l’astronomie de précision au XVIIe siá¿cle. Actes du colloque du tricentenaire, Paris, 12–13 octobre 1982 (Paris, éd. du CNRS, 1987).

     

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    Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century

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