Category of Astronomical Heritage: tangible immovable
Pic du Midi de Bigorre Observatory, France: version française

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  • Format: Full Description (IAU Extended Case Study format)

    Identification of the property

    Country/State Party 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-01 21:11:07
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Identification du bien

    áëtat partie de la Convention du patrimoine mondial (1972)

    France

     

    State/Province/Region 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-01 21:11:23
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    áëtat, province ou région

    Région Midi Pyrénées, Département des Hautes-Pyrénées

     

    Name 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 12
      Status: PUB
      Date: 2017-05-16 16:01:12
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Nom du bien

    Observatoire du Pic du Midi de Bigorre

    Photograph © Haute Pyrénées Tourisme Environnem

    Photograph © Haute Pyrénées Tourisme Environnement

     

    Geographical co-ordinates and/or UTM 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-01 21:12:05
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Coordonnées géographiques:

    Latitude 42.9374 N, longitude 0.14106 E

    UTM (Zone 31N) E 266729 N 4757829

    Altitude 2830m (GoogleEarth)

     

    Maps and plans,
    showing boundaries of property and buffer zone
     
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 5
      Status: PUB
      Date: 2015-02-01 21:25:09
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Cartes et plans:

    Fig. 1. Localisation du Pic du Midi de Bigorre áá l’échelle de la chaá«ne des Pyrénées. Source: geographdumonde

    Fig. 2. Extrait de carte IGN, échelle 1/50 000. La ligne téléphérique pour accéder au Pic du Midi, démarre de La Mongie,
    passe par le Taoulet avant d’atteindre le sommet. Source: géoportail

     

    Area of property and buffer zone 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-01 21:29:25
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Surface du bien:

    L’observatoire occupe l’intégralité de la surface du sommet du Pic du Midi de Bigorre, c’est áá dire 3500 m².

     

    Description

    Description of the property 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 72
      Status: PUB
      Date: 2017-05-17 12:23:08
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Description du bien

    <strong>Fig. 3</strong>. L’Observatoire du Pic d

    Fig. 3. L’Observatoire du Pic du Midi de Bigorre de nuit, en décembre 2013, face áá l’horizon est. Photo © Nicolas Bourgeois

    Introduction

    Les Pyrénées, une frontiá¿re naturelle de prá¿s de 400 kilomá¿tres, séparant la France et l’Espagne, reliant l’Atlantique áá la Méditerranée. Lorsque l’on approche cette muraille dentelée de sommets encore enneigés, l’un deux frappe immédiatement le regard, le Pic du Midi. Héritier d’une exception, voire d’un privilá¿ge géologique, ce massif, situé dans la ligne des contreforts pyrénéens, se dresse áá prá¿s de 3000 má¿tres d’altitude. Il paraá«t alors dominer l’ensemble des montagnes alentours.

    C’est cette position et cette prestance, qui ont longtemps passionnés les hommes, les montagnards et enfin les scientifiques. Elles sont le berceau d’une histoire et d’une aventure humaine de plusieurs centaines d’années. Mais comme le disait Graham Greene, l’histoire n’a ni début ni fin, et c’est par une décision arbitraire qu’on la fige dans le fleuve du temps. En continuant d’approcher le Pic du Midi, ce n’est plus uniquement le massif qui attire l’oeil, mais le bourgeonnement de coupoles et cette grande antenne áá son sommet. Se révá¿le enfin, l’observatoire du Pic du Midi, une forteresse scientifique de haute-montagne, qui s’érige et résiste depuis plus de 130 ans.

    Notre décision arbitraire serait ici. Un début, 1870, la naissance de l’observatoire, de l’aventure humaine et scientifique. Puis, non une fin mais une ouverture, 2014, année au cours de laquelle, le Pic du Midi décide de valoriser et de préserver ce qui fait de lui un trésor patrimonial: á¬tre le plus ancien observatoire scientifique de montagne, encore vivant aujourd’hui.

    Présenter les données, sur les biens du Pic du Midi, les résultats, les prix et publications scientifiques, le nombre de chercheurs qui s’y sont succédés, permet de montrer que malgré l’isolement qui a toujours été le sien, l’observatoire a apporté des contributions significatives dans un certain nombre de domaines scientifiques nécessitant une haute altitude ou une atmosphá¿re trá¿s pure, et cela áá un rythme en phase avec celui de l’évolution des connaissances scientifiques.

    Cependant, ces informations, bien qu’indispensables, ne sont pas suffisantes pour saisir l’autre dimension du Pic, celle qui le rend véritablement unique. S’il est certain que son histoire tranche avec un grand nombre d’établissements de recherche scientifique, c’est essentiellement áá cause de l’altitude áá laquelle elle s’est déroulée et de l’isolement oá╣ se trouvaient ses acteurs. C’est pour cette raison que l’identité du Pic dépasse le domaine purement scientifique. Il s’agit avant tout d’une aventure humaine se perpétuant encore aujourd’hui, et qui donne toute sa dimension au patrimoine que nous allons tenter de décrire ici.

    Environnement

    Le Pic du Midi de Bigorre, exception géologique des Pyrénées

    Nulle part sur le versant Nord des Pyrénées, on ne trouve un relief de cette altitude aussi proche de la plaine. En effet, le Pic du Midi culmine áá 2877 má¿tres, lorsque tous les sommets alentours atteignent au mieux les 2400 má¿tres, voire 2500 má¿tres, pour les plus hauts d’entre eux.

    Le Pic doit cette particularité áá sa constitution géologique. Les roches qui forment cette pyramide sont de nature variée: des calcaires massifs, silicatés et des schistes sur la pointe sommitale. Cet ensemble a été trá¿s affecté par un métamorphisme intense (les roches ont subis des températures de 600°C dans des pressions de dizaines de kbars). Ce métaphormisme a eu pour résultat d’indurer les roches, de les recristallisées. Le calcaire du massif est alors devenu plus résistant áá l’érosion que ces voisins alentours.

    Une autre manifestation exceptionnelle du métahormisme, est la présence de formations géologiques appelées ┬½barégiennes┬╗ en référence áá la localité de la ville de Bará¿ges. Les barégiennes apparaissent comme d’importantes déformations de l’ensemble géologique. Elles sont issues de l’alternance de lits siliceux se déformant de maniá¿re rigide et de lits carbonatés se déformant de façon plastique sous l’élévation de la température et de la pression durant la période hercynienne. Ces barégiennes s’apparentent áá d’immenses serpents de pierre qui seraient áá l’origine de la légende de Python, le gardien du tombeau de Pyrá¿ne.

    <strong>Fig. 4</strong>. Le Pic du Midi et l’obs

    Fig. 4. Le Pic du Midi et l’observatoire, vue aérienne, 2010. Photo © Haute Pyrénées Tourisme Environnement

    La qualité atmosphérique et l’envergure du panorama

    La particularité géologique du Pic du Midi, lui permet de bénéficier de deux atouts majeurs: une grande qualité et stabilité atmosphérique, et un panorama aux dimensions spectaculaires.

    <strong>Fig. 5</strong>. Le Pic du Midi au dessus

    Fig. 5. Le Pic du Midi au dessus de la mer de nuages, 2009. Photo © Pierre Paul Feyte

    L’altitude du Pic du Midi, l’élá¿ve au dessus de la vase atmosphérique. Cette derniá¿re est constituée des basses couches de l’atmosphá¿re, dans lesquelles descendent les poussiá¿res, gouttelettes et autres particules. Le sommet est également situé dans une partie de l’atmosphá¿re appelée troposphá¿re basse. Cette derniá¿re s’établit entre 2500 et 3500 má¿tres. Cette couche inverse la courbe des températures et bloque les condensations en-dessous. Lorsque cette couche limite se situe sous le sommet, l’observatoire peut alors se dresser au dessus d’une mer de nuages, permettant d’accéder áá un ciel dénué de particules et de pollution lumineuse.

    La position et l’altitude du Pic ont un autre effet bénéfique, la stabilité de l’atmosphá¿re. La dynamique des couches d’air de la troposphá¿re haute (3000 áá 10 000 má¿tres), dépend de la géomorphologie. Une montagne provoque des remous comme une pierre vient perturber la surface de l’eau en y tombant. Cependant, lorsque le vent est bien orienté (nord, nord-est), les masses d’air ne rencontrent pas de sommets avant le Pic du Midi. L’écoulement de ces flux est alors laminaire, sans turbulences entre le sommet et les étoiles.

    C’est cette grande qualité atmosphérique qui a marqué, au début du XXá¿me siá¿cle, les premiers astronomes du Pic du Midi et qui permettra également d’installer de nombreux programmes de recherche sur les propriétés de l’atmosphá¿re.

    Ce sommet, dressé au dessus de toute entrave, permet donc de jouir d’un panorama aux dimensions exceptionnelles. Le comte Russell se plaisait áá dire, que lorsqu’on se retrouve sur le Pic, il est possible de voir de jour, jusqu’aux contreforts du Massif Central, et de nuit, les lumiá¿res du phare de Biarritz. Les contemplatifs qui lui succá¿dent ne peuvent que confirmer.

    La particularité de ce panorama est telle, que le Pic du Midi fut classé par l’Etat français en 2003, pour la beauté de ses paysages. En effet, par temps clair, ce sont les 400 kilomá¿tres de la chaá«ne des Pyrénées qui s’offrent áá notre regard.

    Les propriétés de ce belvédá¿re naturel sont en quelque sorte, les premiá¿res fondations de l’observatoire du Pic du Midi, qui, prá¿s d’un siá¿cle et demi plus tard, continue de les utiliser, afin d’enrichir la science et le pyrénéisme.

    Patrimoine immatériel

    La contribution de l’observatoire du Pic du Midi aux connaissances scientifiques de l’humanité sur ses 130 ans d’existence moderne est trá¿s riche et couvre un large domaine des sciences naturelles.

    Le Pic du Midi a été et reste un site astronomique de premier ordre par la qualité de son seeing, la transparence et la pureté de son ciel diurne et nocturne. Cette qualité est maintenant garantie par l’engagement de tous les acteurs de la vie civile áá préserver le ciel du pic avec une réserve internationale de ciel étoilé autour du Pic du Midi (International Dark Sky Reserve 2013).

    Le Pic du Midi joue un rá┤le central dans la diffusion des connaissances auprá¿s des visiteurs du monde entier, tant par la qualité préservée de son paysage géologique que par la qualité des ses ciels nocturnes ouverts aux astronomes professionnels, aux astronomes amateurs, aux étudiants universitaires, aux écoliers et au grand public.

    L’usage du Pic en tant que lieu d’observation scientifique s’ancre dans le siá¿cle des lumiá¿res bien avant qu’une quelconque construction soit érigée áá son sommet. de grands noms de l’exploration y ont fait des observations (Cassini III 1740, Monge et Darcet 1774, Lapeyrouse 1782) pour l’établissement de la carte topographique de la France et des mesures pionniá¿res de pression atmosphérique en altitude.

    Parmi les découvertes de l’á¿re moderne pour lesquelles le Pic du midi est mondialement connu, nous citerons:

    Aérologie:
    • Premiá¿res mesures d’Ozone en altitude par chromatographie (Marchand 1874, 1909). Ces mesures servent de référence áá l’évolution contemporaine de la pollution anthropogénique d’ozone (augmentation troposphérique évaluée sur 100 ans par le service actuel. Le Pic du midi reste un site international de référence pour la qualité de la troposphá¿re, mesures chimiques de CO CO2 NOx O3, vapeur de mercure, aérosols et spectrométrie de masse des traces radioactives; Plateforme Pyrénéenne d’Observation Atmosphérique; Gheusi 2012). Le Pic du midi a détecté, par spectrométrie de masse, les traces des éléments radioactifs originaires de Fukushima 6 mois aprá¿s l’accident en 2012 (Van Beek 2012).
    • Etudes pionniá¿res sur l’électricité atmosphérique et la foudre (Dauzá¿re). Le Pic du midi est aujourd’hui un des sites internationaux d’étude des Phénomá¿nes Lumineux Transitoires, Sprites en anglais, éclairs apparaissant au-dessus des orages (Soula 1990).
    Rayons cosmiques et physique des particules:
    • Premiá¿res mesures du rayonnement cosmique et de l’électricité atmosphérique (Nodo 1907) 5 ans avant la découverte des rayons cosmiques par V Hess (1912).
    • Le Pic devient un haut lieu de la recherche sur les rayons cosmiques (Daudin 1948-1953) et la physique des particules aprá¿s des mesures préliminaires (Cosyns áá partir de 1937, Auger 1938), le site accueille les équipes internationales pilotées par P. Blackett (prix Nobel 1948) et les découvertes fondamentales du pion (méson p, 1947 Occhialini) et de l’hypéron (1950), puis Leprince-Ringuet (1951-1953) avec l’installation de chambre áá bulles et détecteur de physique des particule. Le Pic du midi sera le principal site d’exploration de la matiá¿re jusqu’áá la fondation du CERN en 1958.
    • L’étude des rayons cosmiques connait un renouveau au pic du midi avec l’installation récente (Hubert 2012, ONERA, INRS) d’un spectrographe áá sphá¿re de Bonner haute résolution étudiant le spectre de désintégration neutron tellurique et cosmique.
    Astronomie Solaire:
    • Photographie pionniá¿re d’éclipse (18/07/1860) par Maxwell-Lyte depuis la station météorologique de Sencours. Observations de la basse couronne du Soleil par technique coronographique, technique inventée et testé par Bernard Lyot au Pic du Midi de 1930 áá 1940. Voir les fonds numériques de l’observatoire de Paris, notamment: premiers films d’éruptions solaires par Bernard Lyot (1935-1936-1937). Films de taches et de la granulation du Soleil par Bernard Lyot (1943).
    • Découvertes pionniá¿res sur la granulation du Soleil. Les observations solaires les plus précises depuis la Terre avec la Lunette Jean Rösch de 1961 áá 1990, on peut citer les travaux de R. Muller sur les observations dans la bande G (430,5nm) áá trá¿s haute résolution (seeing = 0.3 seconde d’arc). T Roudier et M Rieutord sur la dynamique des táóches et magnétisme (1990-2009).
    • Aujourd’hui, le service d’observation de la couronne solaire continue les observations du Soleil avec un coronographe de Lyot (reconstruit en 2009), prolongeant une tradition bientá┤t centenaire au pic du midi. Les observations sont stockés dans les bases de données internationales gérée par l’Observatoire Virtuel du Grand Sud Ouest, áá l’usage des astronomes du monde entier.
    Astronomie planétaire:
    • Les observations des surfaces planétaires: (Henri Camichel, Audoin Dollfus, Jean Focas, Edward Bowell et John Murray: 1943-1963). Avec la lunette de 60cm de la coupole Baillaud, puis le télescope de 1m les meilleures images des planá¿tes du systá¿me solaire depuis le sol. Mesures des diamá¿tres planétaires, mesure de la rotation rétrograde de l’atmosphá¿re de Vénus (Boyer 1957-1967). Cartographie de la lune et préparation de la mission Apollo (1964-1966; plus de soixante-dix mille clichés Manchester Lunar Programme).
    • Mesures pionniá¿res de distance Terre-Lune par tir laser (Calame 1969).
    Astronomie stellaire:
    • De nos jours, le Télescope Bernard Lyot (2-m) est le leader mondial de l’observation du magnétisme stellaire avec les instruments MUSICOS (Boehm, Catala, Donati 2000-2007) et Narval (Semel, Donati, depuis 2007). Un grand nombre de découvertes pionniá¿res ont été faites et continuent de se faire dans l’étude des champs magnétiques áá travers le diagramme HR.
    • Les projets actuels s’orientent vers une observation de l’impact des champs magnétiques sur les systá¿mes exoplanétaires naissants (projet SPIP, Donati) et les systá¿mes exoplanétaires en fin de vie (Boehm, Neo-Narval).
    Développement instrumental:
    • Le pic du midi a servi et continue de servir de banc de tests áá de nombreux instruments. On peut citer les développements de la coronographie: technique inventée au Pic du midi par Bernard Lyot (1930-31), polarimétrie: instruments pionniers développés par des équipes françaises (Semel, Leroy, Donati), premiers CCD: maintenant en usage dans les appareils de photos numériques, les détecteurs áá matrice semi-conductrice ont été développés et testés notamment par des équipes toulousaines au Pic du midi (Fort 1980). Les premiers développements des instruments corrigeant les perturbations atmosphériques (télescope isolé de la turbulence de la coupole, Lyot, Rösch; tavelographe Prieur, 1991-93).

     

    Patrimoine matériel—un inventaire partiel

    Báótiments—constructions et surfaces

    Le báótiment de l’Observatoire du Pic du Midi est l’aboutissement de 140 années d’aménagements et de développement d’une infrastructure complexe, dédiées aux scientifiques et également aux touristes depuis les années 2000.

    L’architecture générale de l’Observatoire résulte directement de cette longue histoire et de la continuité de son activité. On y observe des architectures typiques de montagne (toitures en ogives et murs en pierres extraites du sommet) et des architectures uniques, plus contemporaines, développées et conçues spécifiquement pour le Pic du Midi (la coupole Jean-Rösch et l’observatoire du Télescope Bernard Lyot).

    La taille , la complexité et la diversité d’activités de cette plateforme nous amá¿nent privilégier dans cette étude, la présentation du patrimoine báóti lié áá l’activité scientifique vivante sur le sommet, au détriment d’autres éléments fondateurs de la vie du Pic, tels que la Station Plantade au col de Sencours ou encore les locaux de l’Observatoire de Bagná¿res de Bigorre.

    La vocation patrimoniale du Pic du Midi, réside dans l’état de conservation des báótiments scientifiques, préservés par l’activité touristiques et la permanence de l’entretien suite aux conditions difficiles de la haute altitude. Notre description se concentrera donc sur ces báótiments.

    Les grandes périodes d’évolution de l’infrastructure se trouvent dans la section ’Historique et développement‘ ci-dessous.

    <strong>Fig. 6</strong>. Vue aérienne de l’obse

    Fig. 6. Vue aérienne de l’observatoire aprá¿s l’opération Pic 2000. On observe les nouvelles infrastructures: la gare téléphérique, les passerelles de circulation, le nouveau báótiment du coronographe, la modernisation de la tour météo (2009). Photo © Claude Etchelecou

    Description générale et chiffres clefs du patrimoine tangible du Pic du Midi

    Il faut se représenter le Pic du Midi comme une petite ville autonome perchée sur un pic áá prá¿s de 3000 má¿tres d’altitude. La description générale qui suit exprime cet aspect.

    Le Pic du Midi se compose de:
    • Terrasses extérieures de 750 m²
    • 5 kilomá¿tres de couloirs de liaison intérieurs aux báótiments et au sous-sol
    • 10,000m² carré de surfaces couvertes
    • 5 niveaux (8 en comptant les niveaux du báótiment interministériel, soit l’équivalent d’un immeuble de 10 étages)
    • Consommation électrique annuelle d’un village français de 600 habitants
    L’infrastructure générale

    Les trois grands ensembles au sommet: l’infrastructure scientifique (ses báótiments et observatoires); l’infrastructure touristique (musée, restaurant, accueils et gestion des circulations); le báótiment interministériel et son antenne.

    Les infrastructures scientifiques et touristiques sont interdépendantes tout en restant bien dissociées. Les observatoires ne sont accessibles aux touristes que sous certaines conditions et occasions, afin de pas en perturber l’activité.

    La plateforme se compose de:
    • 4 báótiments scientifiques et historiques sur la terrasse: le báótiment Vaussenat, le báótiment Nanssouty, le laboratoire Marchand, le báótiment Dauzá¿re.
    • 7 observatoires astronomiques dont 5 abritent des instruments scientifiques toujours en activité: l’observatoire et la coupole du Télescope Bernard Lyot, l’observatoire et la coupole du Télescope de 1 má¿tre, l’observatoire et la coupole Jean Rá┤sch, l’observatoire et la coupole du Coronographe, l’observatoire et la coupole du Télescope de 60 cm, la coupole Charvin, et enfin, la coupole Baillaud.

    Pour cette étude thématique, nous décriront les principaux observatoires astronomiques encore en activité ainsi que la coupole Baillaud (premiá¿re installation astronomique au sommet). Cette sélection nous permet áá la fois, de présenter un patrimoine intégralement préservé et vivant, et d’amener par la suite, la description des instruments qu’ils contiennent dans la partie ┬½Patrimoine mobilier—télescopes┬╗.

    Les báótiments scientifiques de l’Observatoire du Pic du Midi

    La coupole Baillaud (1908)

    La coupole Baillaud est une initiative de Benjamain Baillaud, directeur de l’Observatoire de Toulouse au début du siá¿cle.Elle est la premiá¿re installation astronomique pérenne du Pic du Midi. Presque inutilisée jusque dans les années 1930, elle devient par la suite, le centre de l’activité astronomique de l’Observatoire. En effet, c’est sous cette coupole que Bernard Lyot invente, puis expérimente son coronographe. Plus tard, dans les années 50, la coupole abrite une instrumentation performante, permettant de bénéficier de la haute transparence du ciel du Pic du Midi. Le rayonnement international du Pic du Midi a pour origine la coupole Baillaud. La majeur partie des découvertes et contributions scientifiques en planétologie et étude du Soleil, se sont faites dans ce báótiment.

    Entre 1904 et 1905, la coupole est construite áá Toulouse et assemblée une premiá¿re fois dans les jardins de l’Observatoire de Jolimont. Elle sera ensuite acheminée par train puis par hommes et mulets, jusqu’au sommet, de 1906 áá 1907. Le 14 septembre 1907, la coupole est terminée. D’un diamá¿tre de 8 má¿tres, elle est dimensionnée pour accueillir un télescope de 500 mm surmonté d’une lunette guide de 230 mm.

    Pendant prá¿s de 130 ans, l’observatoire du Pic du Midi s’est agrandi et construit autour des premiers báótiments de la coupole. A la fin des années 1990, la coupole cesse son activité. Préservée dans son état d’origine, elle est désormais le point d’orgue de l’espace muséographie de l’observatoire. Les visiteurs y découvrent exposés, l’instrumentation et le premier coronographe de Bernard Lyot.

    <strong>Fig. 7</strong>. Construction de la coupol

    Fig. 7. Construction de la coupole Baillaud en 1907. Photo © Alix, Fond Eyssalet

    <strong>Fig. 8</strong>. La coupole Baillaud en 20

    Fig. 8. La coupole Baillaud en 2013. Elle abrite le musée et la maquette áá l’échelle 1/1 du coronographe. Photo © Nicolas Bourgeois

    L’observatoire et la coupole du télescope de 1 má¿tre (1947)

    La coupole du télescope de 1 má¿tre est au sommet depuis 1947. Fabriquée en 1925 et installée áá Paris, elle fut offerte par Marcel Gentili, en remerciement de ses années passées au Pic durant la Seconde Guerre Mondiale, oá╣ il y fut protégé du nazisme. Cette coupole, installée sur le báótiment Dauzá¿re, abritait initialement, le Télescope de 60 cm de Gentili.

    C’est en mars 1962, que le nouveau télescope de 1 má¿tre y sera installé pour venir renforcer le Manchester Lunar Programm. A cette époque, la coupole s’avá¿re á¬tre une excellente opportunité pour ce programme financé par la NASA. En effet, l’expérience acquise au Pic du Midi sur les conditions nécessaires aux bonnes images permet de mettre en avant la nécessité d’une petite coupole pour que l’équilibre thermique entre l’instrument et l’air intérieur/extérieur se face rapidement. Faute de moyens pour construire une nouvelle coupole, c’est le cadeau de Gentili, qui sera choisi et renforcé.

    Cette coupole, aujourd’hui agée d’un siá¿cle, abrite depuis 50 ans, une des instrumentations les plus performantes du Pic du Midi, le télescope de 1 má¿tre.

    <strong>Fig. 9</strong>. Le báótiment Dauzá¿re

    Fig. 9. Le báótiment Dauzá¿re sur lequel repose la coupole Gentili en 1947. Photo © Alix, Fond Eyssalet

    <strong>Fig. 10</strong>. Le báótiment Dauzá¿r

    Fig. 10. Le báótiment Dauzá¿re et la coupole Gentili en 2013. L’intégrité du báótiment est entiá¿rement préservée. Photo © Nicolas Bourgeois

    L’observatoire et la coupole Jean-Rösch ou coupole Tourelle (1961)

    La coupole tourelle est l’un des projets pionniers et expérimentaux de Jean Rá┤sch au Pic du Midi. Cet observatoire vient compléter et renforcer les travaux de suivis du Soleil effectués sous la coupole Baillaud. L’ambition de Rösch est de créer un type d’observatoire unique, permettant de profiter de la haute qualité atmosphérique du Pic tout en réduisant les contraintes posées par l’observation solaire avec une installation classique (montée en température de la coupole, dégradation des images dá╗ aux turbulences internes de l’instrumentation).

    Pour réaliser cette coupole, Jean Rösch fait appel áá Jacques Pageault, qui conceptualisera et construira la coupole áá l’atelier de l’Observatoire de Bagná¿res de Bigorre. La coupole est installée áá l’extrá¬me est du sommet, ce qui en fait une position idéale pour bénéficier des conditions d’observations matinales, les meilleures de la journée. La coupole est inaugurée le 15 février 1961, le jour d’une éclipse de Soleil presque totale..

    La coupole ne fait que 5 má¿tres de diamá¿tre, mais sa conception particuliá¿re permet d’y loger un instrument qui mesure 6 má¿tres de long. L’objectif de l’instrument se trouve ainsi áá 2,50 má¿tres áá l’extérieur de la coupole, ce qui lui permet d’échapper aux turbulences internes áá la structure. Elle est également équipée d’un systá¿me de refroidissement permettant d’évacuer l’énergie apportée par le faisceau lumineux. L’intérieur des parois de la coupole est également isolé par un revá¬tement intérieur. Les caractéristiques de cette coupole seront reprises dans la plupart des télescopes solaires construits par la suite dans le monde.

    <strong>Fig. 11</strong>. La coupole tourelle inst

    Fig. 11. La coupole tourelle installée áá l’extrá¬me est de la plateforme du Pic du Midi pour profiter des conditions optimales d’observation du début de journée (2013). Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    L’observatoire et la coupole du Télescope Bernard Lyot (1978)

    L’observatoire et la coupole du Télescope Bernard Lyot, ont été développés par l’équipe de Jean Rösch pour accueillir le plus grand télescope national. Ce projet est áá l’étude dá¿s 1966. Son emplacement et son architecture sont déterminées par deux conditions chá¿res aux astronomes du Pic du Midi: utiliser au maximum la stabilité atmosphérique du Pic et créer le meilleur équilibre possible entre la structure et l’instrument qu’elle abrite (áá l’instar de la coupole Tourelle et de sa Lunette Jean Rösch).

    <strong>Fig. 12</strong>. La tour et la coupole du

    Fig. 12. La tour et la coupole du télescope Bernard Lyot. L’opercule est ouvert et pointe áá l’est. Le báótiment est installé au sud-ouest du sommet (2013). Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    Pour tirer partie de tous les bénéfices du sommet, la position de la structure sera déterminée en soufflerie. C’est la premiá¿re fois qu’une telle méthode est utilisée dans la recherche d’un site astronomique. Suite áá ces études, c’est le sud-ouest du sommet qui est choisi. Afin d’échapper aux turbulences provoquées par le sol chauffé en journée, il est décidé de faire reposer la coupole sur une tour de 28 má¿tres de haut et de 14 má¿tres de diamá¿tre. La tour se divise en 5 étages. Le premier étant la salle d’alluminure du miroir du télescope.

    La forme particuliá¿re de la coupole s’explique par le souhait de Jean Rösch de limiter un maximum les perturbations liées aux échanges de masse d’air entre l’instrument et l’air intérieur/extérieur. Pour ce faire, Jean Rösch souhaite relier directement le tube du télescope áá l’ouverture de la coupole, ce qui explique la trá¿s petite taille de cette derniá¿re. Faute de budget suffisant, et d’accord entre l’équipe et les futurs utilisateurs de l’instrument, cette solution technique n’aboutira pas. Pour préserver la qualité de l’image, les ingénieurs de l’Observatoire ont appliqué au télescope, les solutions adoptées áá Hawaá»: plancher refroidi et tube ajouré.

    Cette imposante structure sera érigée entre 1970 et 1978. Le chantier, s’avá¿rera extrá¬mement difficile áá cause des conditions imposées par la haute altitude.

    Ce báótiment est un produit de l’á¿re moderne de l’astronomie. Il permet aujourd’hui au Pic du Midi d’á¬tre pionnier dans l’observation du magnétisme stellaire et de lui préserver une place d’avant-garde dans la recherche internationale.

    <strong>Fig. 13</strong>. Construction de la coupo

    Fig. 13. Construction de la coupole en 1974. Les conditions difficile de la haute montagne sont bien visibles: le givre s’est emparé des báótiments et machines de chantier. Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    Patrimoine mobilier—télescopes

    Le premier coronographe au monde, inventé par Bernard Lyot en 1933

    <strong>Fig. 14</strong>. Le premier coronographe

    Fig. 14. Le premier coronographe au monde. Inventé et expérimenté par Bernard Lyot au Pic du Midi. Il est exposé dans l’espace muséographique de l’observatoire (2013). Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    <strong>Fig. 15</strong>. Extrait d’un film de l

    Fig. 15. Extrait d’un film de la couronne solaire, fait au coronographe du Pic du Midi en 1935. Photo © Vidéothá¿que du CNRS

    Ce coronographe a été inventé et expérimenté au cours des années 1930. Les premiers films et images de la couronne solaire ont été réalisés par Bernard Lyot au Pic du Midi áá partir de 1935.

    Télescope de 60 cm (1922)

    <strong>Fig. 16</strong>. A gauche de l’image, l

    Fig. 16. A gauche de l’image, le télescope de 60 cm en 1947. Il est áá l’époque installé sous la future coupole du télescope de 1 má¿tre. Photo © Alix, Fond Eyssalet

    Le T60 est installé en 1947 au Pic du Midi, il était áá l’époque, l’instrument ayant le plus grand diamá¿tre de l’observatoire. Il est aujourd’hui le plus ancien télescope encore en activité au sommet. Dans les années 1950, il sert essentiellement áá faire de la photométrie. Avec l’arrivée du Télescope de 1 má¿tre en 1963, le T60 est installé dans une plus petite coupole au niveau de la terrasse et servira essentiellement áá l’étude des nébuleuses extragalactiques. En 1982, l’observatoire de Toulouse monte un comité d’astronomes amateurs et professionnels pour gérer les nouveaux programmes de recherche du T60. Cette initiative permet d’expérimenter la participation d’astronomes amateur áá des programmes de recherche professionnels. Devant le succá¿s de cette initiative, l’association T60 est créée en septembre 1985. Un important réseaux associatif soutien aujourd’hui l’association chargée de maintenir et développer le fonctionnement du télescope. C’est d’ailleurs au T60 qu’a été mise en oeuvre la premiá¿re caméra CCD amateur en 1985.

    <strong>Fig. 17</strong>. Le télescope de 60 cm e

    Fig. 17. Le télescope de 60 cm et son équipement moderne (2012). Photo © Association T60

    Lunette Jean-Rosch (1961)

    <strong>Fig. 18</strong>. L’objectif de 50 cm de

    Fig. 18. L’objectif de 50 cm de la lunette Jean Rösch (2012). Photo © Observatoire Midi Pyrénées

    <strong>Fig. 19</strong>. Plan de la coupole et de

    Fig. 19. Plan de la coupole et de la lunette Jean Rösch permettant de voir que ces deux ensemble forment un seul et má¬me instrument. Photo © Observatoire Midi Pyrénées

    L’actuelle LJR est le fruit de plusieurs années d’évolution. Son domaine d’observation est la photosphá¿re (surface solaire) en trá¿s haute résolution. La particularité de cet instrument tient dans l’originalité de sa construction. Elle est directement liée áá la structure qui la protá¿ge: la coupole tourelle. Pour ainsi dire, c’est l’association de la lunette et de la coupole, qui forment le véritable instrument. La tourelle ayant été traitée dans la partie précédente, nous présenterons ici la qualité de l’optique, de son instrumentation, et les résultats obtenus, considérés comme les meilleurs images de la surface solaire prises depuis le sol.

    La LJR est initialement équipée d’un objectif de 38 cm. En 1972, Jean Rösch obtient des fonds supplémentaires pour augmenter la puissance de la lunette. Un objectif de 50 cm est façonné áá l’observatoire de Paris, par Jean Texereau. Cette lentille est aujourd’hui considérée comme le chef d’oeuvre de la carriá¿re de l’opticien. Jusqu’en 1987 (mise en route du télescope de La Palma), la LJR, associée aux qualités atmosphériques du Pic du Midi, en fait l’instrument d’observation du Soleil le plus performant au monde.

    Les recherches effectuées áá la LJR dans les années 1970, ont eu un impact important sur l’évolution des connaissances en physique solaire: notamment sur les effets de l’interaction entre la granulation et les cycles d’activité solaire..

    La LJR s’inscrit aujourd’hui dans un réseau international d’observation solaire, au sol et dans l’espace. L’instrumentation grand champ de la lunette n’a pour l’heure pas de concurrence et lui permet de rester complémentaire des grands observatoires internationaux et spatiaux.

    Télescope de 1 má¿tre (1962)

    áÇ l’instar de la LJR, le T1M a bénéficié de plusieurs améliorations optiques et instrumentales au cours de son histoire. Sa construction est encouragée par la NASA en 1959 qui souhaite augmenter la puissance instrumentale du ┬½Manchester Lunar Programm┬╗ et obtenir ainsi les meilleures images possibles de la Lune pour l’Atlas Lunaire du programme Apolo. En 1974, un nouveau miroir en pyrex, matériau trá¿s peu sensible áá la chaleur, taillé par Jean Texereau, remplace l’ancienne optique.

    Pendant ses dix premiá¿res années de service le télescope est utilisé en mode inverse, comme émetteur/récepteur de lumiá¿re. Un réseau de grandes institutions scientifique s porte de projet (Ecole polytechnique, CNES, CNRS) qui a pour objectif, la mesure de la distance Terre-Lune par tirs lasers. Les premiers échos mesurables se font en 1969, suite áá l’installation par Appolo 11, de panneau réflecteurs sur la Lune.

    Le T1M, aujourd’hui équipé en caméra CCD, est géré par l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides de l’Observatoire de Paris. Il est destiné áá l’étude des planá¿tes et petits corps du systá¿me solaire.

    <strong>Fig. 20</strong>. Le télescope de 106 cm

    Fig. 20. Le télescope de 106 cm dans les années 1950. Il est équipé d’un matériel de prise de vue argentique sur son foyer cassegrain. Photo © Observatoire Midi Pyrénées

    Télescope Bernard Lyot 203 cm (1976)

    <strong>Fig. 21</strong>. Vue de l’intérieur de

    Fig. 21. Vue de l’intérieur de la coupole du télescope Bernard Lyot. La structure rouge est la monture en fer áá cheval qui soutient le télescope de 2 má¿tres. On voit le polarimá¿tre de Narval, installé au foyer du télescope (2009). Photo © Paul Compá¿re

    <strong>Fig. 22</strong>. Modélisation du champ m

    Fig. 22. Modélisation du champ magnétique de l’étoile SU Aurigae réalisée avec les systá¿mes Narval et Espadon (2007). Photo © Observatoire Midi Pyrénées

    Le Télescope Bernard Lyot est décrit par ses fondateurs, comme l’aboutissement de l’aventure humaine et scientifique du Pic du Midi. Si les difficultés rencontrées pour son développement et sa fabrication n’ont pas permis de réaliser le projet initial, le Télescope Bernard Lyot n’en est pas moins aujourd’hui, le plus important télescope sur le sol français et occupe une place singuliá¿re áá l’échelle internationale.

    Le télescope áá double foyer ( foyer Cassegrain ouvert áá f/25 et Strand áá f/5) est installé sur une monture en fer áá cheval de 16 tonnes reposant sur bain d’huile.

    Durant ses trente premiá¿res années de service, le TBL est un instrument généraliste au service de la communauté astronomique internationale (imagerie visible-infrarouge, photométrie, polarimétrie, spectroscopie). En 2006, le TBL est équipé d’un spectro-polarimá¿tre, baptisé NARVAL, installé en réseau avec le Télescope Canada-France-Hawaá», pour un suivi continu.

    Gráóce áá NARVAL et le TBL, l’Observatoire du Pic du Midi est le plus important contributeur actuel dans l’étude du magnétisme stellaire. Parmi ses principaux résultats, on peut mentionner la caractérisation du champ magnétique de plusieurs étoiles (petites et massives), l’inversion du champ magnétique dans plusieurs astres etc.

    Enfin, il est essentiel de noter que le TBL est l’un des facteurs principaux ayant motivé les astronomes et les acteurs publics, áá initier le projet Pic 2000 et ainsi sauver l’activité scientifique de l’observatoire.

    Patrimoine mobilier—petits instruments, livres, archives et photographies

    <strong>Fig. 23</strong>. Extraits d’inventaires

    Fig. 23. Extraits d’inventaires des objets patrimoniaux du Pic du Midi. Images: Fond Patrimonial de la Société Ramond áá Bagná¿res de Bigorre. Photo © Société Ramond

    L’ensemble des petits objets, livres, archives et photographies liés áá l’observatoire du Pic du Midi, est conservé dans différents fonds patrimoniaux et bénéficie actuellement d’un travail d’inventaire.

    Plusieurs structures se partagent ces éléments patrimoniaux: Le Centre National de Recherche Scientifique (CNRS), l’Observatoire de Paris, la Commission du Patrimoine de l’Observatoire Midi Pyrénées, les Archives Départementales de Tarbes, le Fond Patrimonial de la Société Ramond áá Bagná¿res de Bigorre et le Fond Photographique Eyssalet de la Communauté de Commune de Haute-Bigorre.

    Un fond commun est áá l’étude pour réunir les éléments emblématiques de ce patrimoine et ainsi les exposer dans l’espace muséographique du Pic du Midi.

     

    History and development 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
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      Date: 2017-05-17 17:09:00
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Historique et développement

    140 années de vie et de science en haute-montagne

    <strong>Fig. 24</strong>. La station Plantade au c

    Fig. 24. La station Plantade au col de Sencours en 1875. Le sommet du Pic du Midi en arriá¿re plan est encore vierge de tout aménagement. Photo © Alex, Fond Eyssalet

    <strong>Fig. 25</strong>. La má¬me prise de vue

    Fig. 25. La má¬me prise de vue que la Fig. 24, en 2013. La station Plantade, actuellement en ruine est en projet de rénovation. 140 années plus tard, le plus important observatoire français en activité, se dresse sur le sommet du Pic du Midi. Photo © Nicolas Bourgeois

    L’histoire et le développement de l’observatoire du Pic du Midi sont avant tout guidés par trois idées.

    La premiá¿re d’entre est l’approche contemporaine de la montagne qui s’affirme au XIXá¿me siá¿cle. Pour les membres de la société Ramond, fondateurs de l’Observatoire, les Pyrénées sont un monde créé pour défier la témérité, forcer áá l’élévation de l’áóme , áá l’exploration et áá la découverte. Cette culture peut expliquer en partie les nombreux risques consentis pour l’observatoire.

    Deuxiá¿mement, le Pic du Midi, de par sa position géographique, sa qualité atmosphérique, s’est vu devenir un haut-lieu de la recherche et un carrefour des sciences. Si l’astronomie y fut sans conteste, la science reine durant plus de 60 ans, il ne faut pas négliger que l’observatoire est également une plateforme scientifique sur laquelle s’exercent de nombreux domaines de recherche: météorologie, climatologie, rayons cosmiques, botanique, médecine... Ceci, ayant amené áá l’important développement de son infrastructure pour répondre áá l’afflux et aux attentes des chercheurs toujours plus nombreux et variés.

    Enfin, Le Pic a toujours été menacé. Que ce soit par les conditions difficiles de la haute-montagne, les contraintes budgétaires ou la concurrence des grands observatoires internationaux, concrétisant toujours plus les menaces de fermeture. Mais il a toujours résisté. Des premiers porteurs, aux scientifiques et enfin aux élus, c’est une chaá«ne et une aventure humaines qui se perpétuent pour faire vivre un héritage menacé.

    Nous aborderons l’histoire du Pic du Midi en 6 périodes, via les faits et évá¿nements et son activité scientifique. Le détail des dates, des faits et résultats scientifiques sera accompagné par l’évocation des principaux acteurs qui ont façonné le Pic et construit son histoire.

    <strong>Fig. 26</strong>. Le combat permanent des

    Fig. 26. Le combat permanent des hommes au sommet durant l’hiver, 1908. Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    De la géná¿se áá la premiá¿re pierre (1865 áá 1891)

    La question de construire un observatoire au sommet du Pic du Midi, s’est posée depuis le XVIIIeme siá¿cle. Mais c’est áá partir de la moitié du XIXá¿me siá¿cle que le projet prend réellement forme gráóce aux membres d’une société pyrénéiste nouvellement créée: la société Ramond. Ses fondateurs la définissent comme une société d’exploration pyrénéenne, regroupant savants et montagnards. Pour ces hommes, le Pic du Midi est tout désigné pour accueillir un observatoire de haute qualité. La France, apprend en 1869 par le Journal Officiel, la création prochaine de l’observatoire.

    La Guerre de 1870, cause la suspension du projet, puis deux années plus tard, constitue un argument de poids pour la reprise des démarches: en effet, dans un pays meurtri par la défaite, l’observatoire est présenté comme un moyen de relá¿vement moral de la France.

    Deux hommes marqueront pour toujours l’histoire du Pic du Midi. Et pour cause, ils sont áá la fois les fondateurs de l’observatoire et les garants de son identité pyrénéiste: le Général Charles Champion du Bois de Nanssouty et l’ingénieur Célestin-Xavier Vaussenat.

    Gráóce áá leurs démarches et recherchent de subvention, le projet du Pic du Midi est voté le 8 avril 1873 et son exécution le 21 mai 1878. Trente ouvriers travailleront au sommet jusqu’en 1881, sous la direction de la femme du général de Nansouty, Lucie Abadie.

    Le 27 juillet 1882, Vaussenat et Nanssouty font donation de l’observatoire áá l’Etat français pour en assurer la gestion, obtenir des financements et le remboursement des dettes. Xavier Vaussenat meurt le 16 décembre 1891, date qui marque la fin de la premiá¿re période de l’histoire du Pic du Midi.

    L’activité scientifique et ses résultats

    Durant cette période, l’observatoire du Pic du Midi aura permis de réaliser de nombreuses expériences et relevés météorologiques, notamment pour le bureau central météorologique.

    Nombre de ces expériences prouvá¿rent et préfigurá¿rent la qualité des observations qui allaient pouvoir y á¬tre menées.

    La premiá¿re décennie de l’Observatoire du Pic du Midi est ainsi une période d’expansion matérielle. Vaussenat, en plus d’aménager et sécuriser le site, contribue également áá faire connaá«tre le sommet en y accueillant des savants pendant la belle saison.

    L’infrastructure

    En 1882, l’observatoire se compose d’une maison d’habitation (le báótiment Nanssouty) reliée par un sentier étroit áá un petit báótiment (le futur báótiment Vaussenat), appuyé contre un blockhaus sur lequel sont installés des instruments météorologiques.

    Une forge, une écurie et des magasins sont également installés au sommet.

    Célestin Vaussenat, jusqu’áá sa mort, s’attachera áá terrasser le Pic et áá construire des passages abrités pour faciliter les déplacements en hiver, lorsque la neige s’empare des lieux.

    Les travaux ne sont possibles que trois mois par an, de juillet áá septembre, lorsque la neige s’est retirée du sommet et permet aux caravanes de mules et mulets de se remettre en action.

    <strong>Fig. 27</strong>. L’Observatoire du Pic

    Fig. 27. L’Observatoire du Pic du Midi en 1891. De gauche áá droite, le bockhaus, le báótissement Vaussenat et le báótiment Nanssouty. Les aménagements de la terrasse n’ont pas encore commencé. Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    Les observations systématiques et l’épreuve de la Premiá¿re Guerre Mondiale (1892 áá 1920)

    A partir de 1892 et l’arrivée d’Emile Marchand, le nouveau directeur, le Pic va progressivement devenir un centre d’observations scientifiques pluridisciplinaires, oá╣ seront quotidiennement recueillies des données en météorologie et en physique atmosphérique, en sismologie, en astronomie et en botanique.

    <strong>Fig. 28</strong>. Les hommes du régiment

    Fig. 28. Les hommes du régiment d’infanterie de Tarbes montent les matériels de la lunette Baillaud au sommet (1906). Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    En 1900, le Pic voit arriver l’Observatoire de Toulouse et son directeur, Benjamin Baillaud, qui impulsera la construction de la premiá¿re coupole et de son premier grand télescope.

    Le Pic du Midi traverse difficilement la Premiá¿re Guerre Mondiale (1914-1918). Emile Marchand, meurt en 1914, le Pic se retrouve sans directeur, ni maintenance. Un état d’abandon dont il sort trá¿s affaibli en 1920 avec l’arrivée de son troisiá¿me directeur, Camille Dauzá¿re.

    De 1903 áá 1908, se jouent les grandes étapes de la construction du premier observatoire astronomique du Pic du Midi. En 1906, la coupole est construite au sommet. C’est ensuite au télescope de 50 cm, construit dans un atelier parisien, d’á¬tre amené par chemin de fer jusqu’áá Bagná¿res, puis, par char áá boeufs jusqu’au col du Tourmalet. De láá, une douzaine de soldats d’un régiment d’artillerie de Tarbes, s’acharneront pendant plus d’un an áá faire arriver les 22 caisses de matériels au sommet.

    En septembre 1907, le télescope est sur le Pic, un autre été sera nécessaire pour le monter et le rendre opérationnel. Durant ses vingt premiá¿res années d’utilisation, cet observatoire astronomique tiendra une place áá la fois paradoxale mais représentative de l’histoire du Pic du Midi. Les observations qui y sont faites sont considérées comme excellentes. Mais les conditions qu’affrontent les observateurs sont telles (froid, neige, accá¿s difficile, météo capricieuse), que les astronomes motivés sont rares. Le télescope reste ainsi presque inutilisé jusque dans les années 1930.

    L’activité scientifique et ses résultats

    Pendant les 22 années de sa direction, Emile Marchand, collecte avec ses équipes, une quantité considérable de mesures quotidiennes: la carte du Soleil, des surfaces planétaires et la couverture nuageuse, ainsi que des relevés météorologiques, d’électricité atmosphérique, de magnétisme terrestre et de séismologie.

    Pendant cette période, Marchand publie 35 articles de géophysique, 20 d’astronomie, 6 sur les relations Soleil-Terre et 9 de botanique. Malheureusement, la plupart de ces articles paraissent dans la revue d’une société locale et dans des comptes rendus de congrá¿s.

    Néanmoins, il faut dépasser le caractá¿re ┬½anonyme┬╗ de ces résultats, pour voir émerger l’intensité de l’activité d’observation du Pic du Midi, et la préfiguration d’une véritable maturité scientifique áá partir des années 1920.

    Les trente années décrites ici, marquent la nouvelle complexité et intensité de l’histoire du Pic du Midi. L’observatoire gagne une réputation paradoxale. Il fascine par son ampleur et son potentiel, autant qu’il repousse pour les conditions difficiles qu’il impose aux hommes et aux observations.

    L’infrastructure: Terrassements, développement des moyens d’observations, construction de l’observatoire Baillaud

    Avant la Premiá¿re Guerre Mondiale, les principaux efforts d’aménagements sont tournés vers l’augmentation de la surface utile de l’Observatoire et le développement des moyens instrumentaux..

    Les plus grosses évolutions de l’infrastructure du Pic du Midi áá cette période, sont l’installation de l’observatoire astronomique en 1908, avec la coupole Baillaud, son télescope de 50 cm et son báótiment d’accueil des astronomes.

    <strong>Fig. 29</strong>. L’Observatoire du Pic

    Fig. 29. L’Observatoire du Pic du Midi áá la sortie de la Premiá¿re Guerre Mondiale. On observe áá droite l’observatoire et la coupole Baillaud construits entre 1906 et 1908. La terrasse nord s’est effondrée suite aux années d’absence de maintenance. 1920. Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    Les ┬½années Dauzá¿re┬╗, les premiá¿res menaces concrá¿tes pour le Pic et la maturité scientifique (1920 áá 1937)

    Camille Dauzá¿re, est nommé au poste de directeur adjoint par Toulouse, le 31 aout 1920. Sous sa direction, le Pic va concrétiser sa forte identité symbolique qui lui offre l’énergie de la résistance. A peine sorti de la Premiá¿re Guerre Mondiale, l’Observatoire traverse sa premiá¿re grande crise. La plateforme est dans un état fragile et son avenir fortement menacé par un rapport de l’inspection des observatoires français en 1922.

    Contre toute attente, ces fragilités et menaces sont une bénédiction pour Camille Dauzá¿re. Elles soulá¿veront un soutien massif du public, des élus locaux et des responsables du Pic. Cette grande mobilisation offrira d’importants crédits áá l’observatoire pendant plus de quinze ans, qui sera entiá¿rement rénové et agrandi.

    Sous Dauzá¿re, la recherche sur le Pic s’affirme et s’internationalise. De 1920 áá 1935, c’est la géophysique et la météorologie qui seront les sciences reines.

    L’astronomie y est encore secondaire jusqu’áá l’arrivée et l’intervention de plusieurs personnages áá partir de 1930. Ces derniers, feront résolument basculer le Pic vers les astres pour les 60 années áá venir.

    De 1930 áá 1937, c’est le retour progressif de l’astronomie. Bernard Lyot, astronome áá l’Observatoire de Paris, profite de la transparence du ciel du Pic du Midi pour y développer le premier coronographe au monde. Quelques années plus tard, les premiá¿res images de la couronne solaire seront faites sous la coupole Baillaud.

    L’activité scientifique et ses résultats

    De 1920 áá 1935, le Pic du Midi acquiá¿re une maturité et une réputation internationale en terme de recherche scientifique. C’est par la géophysique que l’Observatoire s’offre tout d’abord cette renommée.

    Joseph Devaux, météorologiste, y fait sa thá¿se sur le bilan thermique des champs de neige et des glaciers. Camille Dauzá¿re, s’intéresse áá la foudre et áá la grá¬le, complétant et mettant áá profit une remarquable base de données sur les points d’impact de la foudre constituée au sommet.

    La réputation acquise par ces travaux, conforte Camille Dauzá¿re dans la construction d’un laboratoire de physique du globe au sommet.

    Les ┬½ années Dauzá¿re┬╗ ont révélé la dimension symbolique et mythique du Pic du Midi. Acculé, l’observatoire éveille les consciences, les volontés, et prépare son renouveau. Le sommet prouve, malgré sa rigueur, qu’il est un grand site d’observation, permettant áá la fois polyvalence et excellence. A la fin de l’á¿re Dauzá¿re, toutes les conditions sont réunies pour envisager, puis fonder les grands projets du Pic du Midi.

    Infrastructure: Modernisation des moyens de communication et aménagements pour la physique du globe

    • 1926: installation de la T.S.F. Deux pylones de 25 má¿tres sont construits au Pic pour la radiodiffusion. L’Observatoire sort progressivement de son isolement.
    • De 1926 áá 1933, une route est aménagée entre le col du Tourmalet et le col de Sencours, puis se prolonge jusqu’aux Laquets, permettant d’acheminer plus facilement les hommes et le matériel. Une há┤tellerie sera construite áá la fin de cette route.
    • De 1928 áá 1936 s’étend la construction du laboratoire de physique du Globe appelé báótiment Dauzá¿re, qui deviendra le futur há┤te des laboratoires du Pic et du télescope de 1 má¿tre.

    <strong>Fig. 30</strong>. L’Observatoire du Pic

    Fig. 30. L’Observatoire du Pic du Midi en 1925. Les deux antennes de la TSF sont installés sur le sommet. L’effondrement du ravin nord commence áá á¬tre renforcé. Photo © Alix, Fond Eyssalet

    Les grands projets (1937 áá 1947)

    Jules Baillaud, directeur de l’Observatoire de Paris, succá¿de áá Camille Dauzá¿re en 1937. Il consacrera sa direction áá la planification des grands projets de l’Observatoire.

    Jules Baillaud, est bien conscient des grandes difficultés qu’impose le Pic aux scientifiques et qui alimentent inévitablement sa situation fragile auprá¿s des édiles et astronomes nationaux. Sa priorité d’avant guerre est d’engager un ambitieux programme de rénovation pour faciliter la vie sur place, la construction d’un téléphérique pour révolutionner l’accá¿s, et enfin, l’installation d’une ligne électrique pour résoudre les problá¿mes liés áá l’énergie. La ┬½décennie Baillaud┬╗, pose les fondements de l’entrée de l’observatoire dans son á¿re moderne.

    <strong>Fig. 31</strong>. Le réfracto-réflecteur

    Fig. 31. Le réfracto-réflecteur, appelé Lunette Baillaud, sous la coupole Baillaud en 1947. C’est avec cet instrument que seront faites les principales observations des planá¿tes et du Soleil dans les années 1950-1960. L’instrument sera démonté en 1970 et remplacé par un coronographe. Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    Bernard Lyot, astronome áá l’Observatoire de Paris, accompagne Jules Baillaud dans les projets astronomiques. C’est áá lui qu’ils doivent leur caractá¿re originaux et audacieux.

    En 1942, une nouvelle optique de 60 cm est installée au Pic. La grande focale de 18 má¿tres est repliée deux fois sur elle-má¬me, transformant le télescope en réfracto-réflecteur. Rebaptisé ┬½lunette Baillaud┬╗, cet instrument sera utilisé avec beaucoup de succá¿s jusque dans les années 60, et sera le fleuron instrumental du Pic.

    A la sortie de la Guerre, les grands projets préparés par Jules Baillaud et catalysés par Bernard Lyot, peuvent enfin á¬tre menés áá leur terme. L’essor et le rayonnement international du Pic peuvent commencer.

    Infrastructure: Rénovations des premiers báótiments et achá¿vement du báótiment Dauzá¿re

    • 1937: Le báótiment Nanssouty est rénové et reçoit une nouvelle toiture: une voá╗te en béton armée. Cette toiture, plus résistante aux conditions du sommet (poids de la neige et vents violents est encore en place aujourd’hui.
    • 1946: Le riche astronome amateur, Marcel Gentili, offre áá l’observatoire, une coupole (future coupole du télescope de 1 má¿tre) et un télescope de 60 cm, pour remercier ses membres de l’avoir caché des nazis durant la Guerre. La nouvelle coupole est installée sur le báótiment Dauzá¿re dont la construction commencée en 1935 est achevée en 1948.
    • 1947: L’observatoire est relié áá La Mongie par un cable transporteur, exclusivement réservé au matériel. L’arrivée du cable transporteur est située au sud-ouest de la coupole Baillaud.

    <strong>Fig. 32</strong>. L’observatoire du Pic

    Fig. 32. L’observatoire du Pic du Midi en 1948. On observe l’extension du báótiment Dauzá¿re áá gauche de l’image, l’installation de la coupole Gentili et le nouvelle toiture du báótiment Nanssouty. Photo © Yan, Fond Eyssalet

    L’essor de l’astronomie et le rayonnement international de l’observatoire (1947 áá 1981)

    Ces années fastes du Pic du Midi, ont pour directeur, Jean Rösch, un astronome instrumentaliste. Jean Rösch, pour décrire cette longue direction, la décline en trois périodes:

    • 1947 áá 1952: Les grands travaux d’infrastructure et l’arrivée des cosmiciens.
    • 1953 áá 1964: a décennie qui suit l’installation du téléphérique, c’est la phase d’expansion tous azimuts des travaux scientifiques et l’internationalisation de la réputation du Pic du Midi.
    • 1965 áá 1981, voit le projet de montée en puissance instrumentale de l’observatoire avec le télescope de 2 má¿tres, le plus grand investissement de Jean Rösch.

    Les ┬½années Rösch┬╗ rompent fondamentalement avec les 50 premiá¿res années de l’observatoire. On y observe une envolée de tous ses éléments constitutifs: le personnels, l’infrastructure, les moyens instrumentaux, et les thá¿mes scientifiques.

    Les grands travaux d’infrastructure et l’arrivée des cosmiciens (1947 áá 1952)

    La venue de cosmiciens de Manchester, en 1949, amorce la révolution de l’observatoire. Leur présence, leurs besoins et leurs découvertes vont permettre áá Jean Rösch, d’impulser l’ensemble des grands travaux d’infrastructures qui transformeront le Pic pour toujours. En effet, ces derniers ont besoin d’un moyen de transport pour acheminer leur électro-aimant et d’une forte puissance de courant électrique pour le faire fonctionner.

    <strong>Fig. 33</strong>. Construction de la premi

    Fig. 33. Construction de la premiá¿re gare téléphérique sur le versant sud de l’Observatoire. 1950. Photo © Alix, Fond Eyssalet

    Le 15 aout 1952, la véritable révolution pour le Pic est amorcée: la premiá¿re benne téléphérique arrive áá quais áá 2877 má¿tres d’altitude. Cet évá¿nement amá¿ne la nécessité d’une évolution complá¿te de l’infrastructure pour accueillir l’augmentation du personnel et répondre aux attentes des chercheurs.

    L’activité scientifique et ses résultats

    En 1950, une nouvelle particule est découverte au Pic par les cosmiciens de Manchester, elle est baptisée ┬½Hypéron┬╗ lors du Congrá¿s International sur le Rayonnement Cosmique áá Bagná¿res de Bigorre en 1953. Cette découverte est reconnue par un prix Nobel.

    Infrastructure: Les grands travaux d’infrastructure et l’entrée du Pic du Midi dans l’á¿re moderne

    <strong>Fig. 34</strong>. Le premier téléphériq

    Fig. 34. Le premier téléphérique du Pic du Midi, symbole de son entrée dans la modernité. 1952. Photo © Alix, Fond Eyssalet

    • Entre 1945 et 1949, la ligne haute tension est construite. Cette ligne de 10 000 volt est mise en service le 18 novembre 1949. La spirale est alors enclenchée Le courant électrique áá volonté, attire trá¿s vite d’autres expériences lourdes. Le cable porteur facilite les travaux d’extension des báótiments.
    • En juin 1949, un funiculaire est construit, pour relier l’hotellerie des laquets áá l’observatoire. L’installation du plan incliné est motivée par la nécessité de monter au sommet, l’électro-aimant des cosmiciens de Manchester. Les trains de mulets qui ont défilé au Pic pendant 75 ans disparaissent alors définitivement.
    • Le 15 aout 1952, la véritable révolution pour le Pic est amorcée: la premiá¿re benne téléphérique arrive áá quais áá 2877 má¿tres d’altitude. L’observatoire sort pour toujours de son isolement et amá¿ne une évolution complá¿te de l’infrastructure pour accueillir l’augmentation du personnel et répondre aux attentes des chercheurs.

    L’expansion tous azimuts des travaux scientifiques et l’internationalisation de la réputation du Pic du Midi (1953 áá 1964)

    A partir de cette période, l’activité scientifique est telle, qu’elle devient le premier vecteur de l’histoire et du développement du Pic du Midi. Ainsi, les faits et évá¿nements seront traités dans cette partie, via l’activité scientifique.

    L’activité scientifique et ses résultats

    La décennie des rayons cosmiques (1949 áá 1959)

    Durant ces dix années, plusieurs équipes de renommée internationale vont mener au Pic, des expériences de pointe sur les rayons cosmiques. Les observatoires d’altitude sont privilégiés áá cette époque car ils permettent d’atténuer les effets destructeurs de l’atmosphá¿re sur ces particules. De plus, áá partir des année 1950, l’intérá¬t pour les rayons cosmiques est trá¿s important. En effet, leur étude permet de façon détournée, de faire de la physique nucléaire. Les cosmiciens du Pic se déclinent en deux catégories.

    L’équipe de Manchester est rejointe en 1951 par les cosmiciens de l’école polytechnique, dirigée par Louis Leprince-Ringuet. En 1951, il installe au sommet, un équipement plus performant que l’équipe de Mancherster. D’aprá¿s Leprince-Ringuet, la chambe de Wilson montée láá-haut, était dans le monde, la plus importante installation de ce genre. Avec cette instrumentation, ils découvrent de nouvelles particules dans la matiá¿re subatomique, ce qui leur vaut le prix Cognac-Jay de l’académie des sciences en 1962. En 1959 et 1960, les accélérateur du CERN et de Brookhaven amá¿nent les polyechniciens áá quitter le Pic.

    Le Soleil

    La surveillance de la couronne solaire avec le coronographe de Lyot dans les années 1930 est le point de départ et le catalyseur des recherches entreprises au Pic sur le Soleil, dans la deuxiá¿me moitié du XXá¿me siá¿cle.

    Jean Rösch équipe l’observatoire de nouveaux instruments pour étudier l’intégralité de l’atmosphá¿re solaire. En parallá¿le de la couronne solaire, il devient possible d’étudier la photosphá¿re et la chromosphá¿re. Cette activité et ce potentiel, attirent de nombreux scientifiques. Les ┬½héritiers┬╗de Lyot áá l’observatoire de Meudon et des chercheurs étrangers.

    En 1955, l’étude de la granulation est en tá¬te des recherches scientifiques mondiales sur le Soleil et les clichés du Pic sont considérés comme les meilleurs qui existent. Jusqu’en 1987, date de l’arrivée du télescope de La Palma aux á«les Canaries, le Pic du Midi est le site le plus important au monde pour l’observation solaire.

    La Lune

    L’infrastructure et la haute qualité des images du Pic, l’amá¿nent áá á¬tre choisi en 1956 pour y mener le ┬½Manchester Lunar Programme┬╗. En 1959, les milliers de clichés lunaires pris au sommet, impressionnent l’US Air Force qui décide de financer l’observatoire pour cartographier la Lune. Ces travaux participent directement au programme Appolo lancé en 1961. Placé sous direction américaine, la cartographie de la Lune occupe plus de 50 personnes au Pic. En 1964, un télescope de 1 má¿tre, financé en partie par la NASA, est installé sous la coupole Gentili et prend le relais de la lunette Baillaud pour les observations lunaires. Les sondes américaines Orbiter 1 áá 5 lancées entre 1966 et 1967, marquent le déclin du ┬½Manchester Lunar Programme┬╗.

    Les planá¿tes et leurs satellites

    Comme pour le Soleil et la Lune, la qualité des recherches et images en planétologie, ont contribué áá la réputation mondiale du Pic du Midi. L’intense développement de l’exploration des planá¿tes dans les années 50 et 60 est principalement dá╗ áá Andoin Dolfus,

    Mars fait l’objet d’une cartographie détaillée pendant plus d’une décennie. Henri Camichel, détermine avec une grande précision la durée du jour, le diamá¿tre et l’aplanissement de la planá¿te, la position du pá┤le et l’orientation de son axe de rotation.

    L’exploration de Saturne au Pic apporte également d’importantes contributions áá la planétologie. En 1966, Andoin Dolfus participe áá la découverte d’un des anneaux extérieurs de la planá¿te, ainsi qu’áá celle d’un de ses petits satellites, qu’il propose de baptiser Janus.

    Vénus est également la cible de nombreuses observations. Les travaux menées par Andoin Dolfus ont permis de mettre en évidence la rotation rétrograde de l’atmosphá¿re vénusienne. Cette hyperotation de quatre jours, confirmée en 1972 par la sonde Mariner 10, est considérée comme l’une des découvertes les plus importantes auxquelles ai contribué le Pic du Midi.

    L’étude du sol et de l’atmosphá¿re des planá¿tes et de leurs satellites est la contribution la plus originale du Pic dans le domaine de la planétologie. Gráóce áá l’utilisation d’un polarimá¿tre, instrument trá¿s peu répandu áá l’époque, Andoin Dolfus est capable de déduire la composition de la surface des planá¿tes, notamment de Mars et des satellites galiléens. Les résultats sur les satellites galiléens seront tous confirmés dans les années 1970 par les sondes Voyager.

    Les années 1970 avec l’á¿re des sondes spatiales, amá¿nent progressivement le recul de la planétologie au Pic qui est considérée jusqu’alors comme inégalée.

    Infrastructure: Expansion pour répondre áá l’intensification et áá la diversification des demandes scientifiques et techniques

    Les travaux d’infrastructure du début des années 1950 et la montée en puissance de l’observatoire entraá«nent l’agrandissement et la construction de nombreux báótiments. Le laboratoire Marchand est construit en 1956, le báótiment Labardens est achevé en 1957.

    <strong>Fig. 35</strong>. Vue aérienne de l’Obs

    Fig. 35. Vue aérienne de l’Observatoire en 1960. A l’ouest, le sommet n’est pas encore occupé par le báótiment interministériel. A l’est, la coupole Tourelle termine d’á¬tre installée. Au centre, la gare téléphérique sommitale. Photo © La Pie servie aérien

     

    • Le 15 février 1961, inauguration de la coupole Tourelle, installée áá l’est de la plateforme.
    • 1962 áá 1963: Le sommet accueille la structure qui lui donne aujourd’hui son aspect reconnaissable entre tous: le báótiment interministériel et son antenne de 103 má¿tres. Ces báótiments ne font pas partie de l’observatoire du Pic du Midi et remplissent des services liés áá la télédiffusion, aux communications civiles et militaires. Il est áá noté que l’influence des astronomes est telle áá l’époque, qu’ils obtiennent l’interdiction d’installer un balisage lumineux sur l’antenne qui culmine áá plus de 3000 má¿tres.
    • 1964: Le télescope de 1 má¿tre financé par la NASA est installé dans la coupole Gentili. L’á¿re des grands télescopes nocturnes du Pic commence.

    <strong>Fig. 36</strong>. Le Pic du Midi change d

    Fig. 36. Le Pic du Midi change définitivement de visage avec l’installation de l’antenne de 103 má¿tres et du báótiment interministériel (1963). Photo © Alix, Fond Eyssalet

    La montée en puissance instrumentale de l’observatoire (1965 áá 1981)

    En 1965, Jean-Rösch démarre le projet du télescope de 2 má¿tres pour permettre au Pic de se positionner dans un contexte astronomique oá╣ la réputation d’un observatoire dépend de la puissance de ses instruments, et pour tirer le meilleur parti des conditions offertes par le sommet.

    Le TBL, construit de 1970 áá 1981, est áá la disposition de la communauté internationale. Plus grand télescope national, il est endant plusieurs années utilisé comme l’un des outils d’une stratégie de recherche plus vaste, dans une multitude de projets, sur des thá¿mes trá¿s divers.

    Les années Jean Rösch marquent l’apogée de l’Observatoire. Au cours de ces trente années, le Pic s’est constamment placé áá la pointe des différentes thématiques d’observations astronomiques et a largement contribué áá l’avancée scientifique dans ce domaine.

    Les années 1970, puis 1980, marquent un ensemble de révolutions technologiques et internationales auxquelles le Pic a tenté de s’adapter. Il cá¿de progressivement sa place aux sondes spatiales, aux télescopes géants internationaux et spatiaux. Néanmoins, l’áóme scientifique et résistante du Pic du Midi perdure, le TBL en témoigne.

    Infrastructure

    • 1970 áá 1981: La construction de télescope Bernard Lyot et de son observatoire constitue la derniá¿re phase du développement de l’infrastructure scientifique du sommet. Les premiers travaux de terrassement débutá¿rent en 1970, le báótiment est achevé en 1976 et le télescope est pleinement opérationnel en 1981. Le báótiment du TBL et l’antenne sont les éléments emblématiques et paysagers les plus importants du Pic du Midi.

    <strong>Fig. 37</strong>. Vue aérienne de l’Obs

    Fig. 37. Vue aérienne de l’Observatoire du Pic du Midi en 1990. L’infrastructure scientifique est áá son apogée avant les reconfigurations des années 2000. Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    Des années sombres áá l’avenir (1982 áá 2000)

    Au cours des années 1980, la France réoriente sa politique astronomique pour préparer l’avá¿nement des grands observatoires internationaux comme le VLT. Le développement de ces projets nécessite de transformer la gestion et le financement des observatoires nationaux. A l’instar de la crise des années 1920, le fonctionnement de l’observatoire est jugé bien trop couteux et sa fermeture est annoncée pour 1998.

    En 1993, Michel Blanc, nouveau directeur, présente le projet ┬½Pic 2000┬╗. Ce projet est un défi de reconfiguration: positionner le Pic du Midi sur un nouveau campus universitaire áá vocation technologique et réaménager le site pour pérenniser la science au sommet tout en s’ouvrant au tourisme.

    A partir de 1993, une coalition publique se met en place. Le Syndicat Mixte pour la valorisation touristique du Pic du Midi est créé. Un ensemble de partenaires publics et privés viennent aider áá financer le futur plus haut chantier d’Europe qui démarre en 1996.

    En juin 2000, le Pic ouvre au tourisme. Dá¿s lors, ce seront 100 000 visiteurs par an qui permettront au Pic d’assumer ses frais de fonctionnement et de continuer son activité scientifique. L’observatoire est depuis amené áá se développer sur ces deux aspects. L’activité et l’accueil touristiques doivent se renouveler et s’enrichir tout en préservant l’identité et l’intégrité du site. La science, quant áá elle, doit se positionner dans des domaines spécifiques et y exceller áá l’échelle internationale.

    <strong>Fig. 38</strong>. Depuis 2007, le Pic du M

    Fig. 38. Depuis 2007, le Pic du Midi s’ouvre la nuit aux touristes pour des soirées dédiées áá l’observation et áá la découverte de l’observatoire. Des astronomes et animateurs encadrent le public (2014). Photo © Nicolas Bourgeois

    L’activité scientifique et les résultats

    Des années sombres áá Pic 2000, l’activité astronomique n’a jamais cessé. Le TBL, des années 1980 áá 2000, est un télescope généraliste, au service de la communauté internationale. A partir des années 2000, l’instrumentation et les champs d’investigation du TBL sont rationalisés pour lui préserver une place áá l’échelle de l’astronomie mondiale. En 2007, le télescope, via son systá¿me NARVAL, se spécialise alors dans la spectro-polarimétrie stellaire, un domaine d’étude trá¿s récent qu’il est le seul áá pratiquer en collaboration avec le Telescope France Hawaá».

    Parallá¿lement au TBL, d’autres télescopes perpétuent leur programme d’observation. Le Télescope de 1 má¿tre est géré par l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides de Paris (IMCCE). Il est spécialisé dans le suivi des surface planétaires et l’étude des petits corps du systá¿me solaire. La Lunette Rösch et sa coupole tourelle, sont gérées par l’OMP et servent en particulier, áá la formation des doctorants en astrophysique pour l’observation de la photosphá¿re. La suivi de la couronne solaire est quant áá lui assuré en continu via une instrumentation et une infrastructure nouvellement installées pour Pic 2000. Les observateurs et le suivi sont financés intégralement par mécénat.

    Avec Pic 2000, l’OMP a pu élargir la gamme et les orientations des recherches au Pic, parmi elles, les sciences de l’atmosphá¿re. L’observatoire contribue ainsi áá l’étude des pollutions atmosphériques et des phénomá¿nes lumineux transitoires.

    Infrastructure

    <strong>Fig. 39</strong>. La nouvelle gare sommita

    Fig. 39. La nouvelle gare sommitale et son téléphérique gros porteur (2000). Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    <strong>Fig. 40</strong>. L’espace muséographiq

    Fig. 40. L’espace muséographique du Pic du Midi, retraçant l’histoire scientifique et humaine de l’Observatoire (2005). Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

    Les derniers travaux d’infrastructure du Pic du Midi ont été réalisés pour accueillir le tourisme tout en préservant l’activité scientifique. Ils ont tous été réalisés entre 1996 et 2000.

    • Installation d’un téléphérique gros porteur (300 personnes/ heure).
    • Reconfiguration de la plateforme avec l’installation de différentes infrastructures et services dédiés aux touristes: un espace muséographique dans les báótments de la coupole Baillaud pour présenter les 140 années de vie et de sciences du Pic du Midi; un restaurant de 80 places; des aménagements pour gérer les flux de personnes, la circulation et la sécurité sur les terrasses; réaménagement des chambres et des locaux.
    • Installation du nouvel observatoire du coronographe sur la terrasse sud-est.

    <strong>Fig. 41</strong>. Le nouvelle coupole et s

    Fig. 41. Le nouvelle coupole et son coronographe assurent un suivi continu de la couronne solair (2008). Photo © Régie du Pic du Midi et Observatoire Midi Pyrénées

     

    Justification for inscription

    Comparative analysis 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 09:19:22
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Justification de l’inscription

    Analyse comparative

    Le Pic du Midi a un profil unique dans la grande famille des stations d’observations scientifiques dans le monde. D’une part, son histoire s’enracine dans les premiers développements de la méthode scientifique appliquée áá la nature áá partir du XVIIe siá¿cle. Il reste une des derniá¿res stations d’altitude construite au XIXe siá¿cle encore utilisée comme fená¬tre sur l’univers géophysique et astrophysique. Ce site vivant témoigne de l’exploration humaine vers la connaissance dans les domaines aussi divers que la météorologie, l’aérologie, la botanique, la géophysique, l’astronomie, la physique des particules au cours des années d’existence.

    Il existe un certain nombre de stations d’observation en altitude dans le monde, mais les stations de haute montagne se comptent sur les doigts de la main. La station alpine de Jungfraujoch en Suisse est la derniá¿re encore ouverte, les observatoires californiens, parmi les plus anciens, ne sont pas en haute montagne.

    Les grands observatoires astronomiques andins sont récents. D’autre part l’activités scientifiques de tous ces sites sont dédiées áá un domaine thématique particulier (aérologie pour la station Jungfraujoch, astronomie pour les autres), ou bien fortement compromise par les activités humaines limitrophes (Mont Palomar et tous les observatoires en zones urbaines et péri-urbaines).

    Parmi les grands sites en activité, les observatoires insulaires (Hawaii et Canaries) et les sites astronomiques des Andes chiliennes (VLT, La Silla, CTIO, ALMA) ont une histoire récente (commençant dans les années 70 pour les plus anciens et années 2000 pour les plus récents) et ne véhiculent par ce sentiment d’aventure humaine exceptionnelle et d’enracinement historique de l’exploration scientifique que l’on retrouve au Pic du Midi.

    Le Pic du Midi illustre de façon unique, la puissance de l’humanité qui, gráóce áá la persévérance d’hommes et de femmes venant de multiples origines (riches mécá¿nes, pyrénéistes passionnés, scientifiques convaincus, bergers des vallées amoureux de leur montagne) avec une diversité de motivation, mais poussés par un má¬me enthousiasme, ont créé et continuent de créer un espace oá╣ se croisent et se stimulent culture, science et art, en mettant áá la portée de tous la beauté préservée du site et du paysage.

     

    Integrity and/or authenticity 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 09:25:26
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Intégrité et authenticité

    Intégrité

    L’intégrité de composition est satisfaisante car toutes les grandes activités historiques sont présentes (soubassements du début du XXe siá¿cle, coupole historiques ÔǪ). ou représentées sur le site du Pic-du-Midi et dans son environnement proche (báótiments de l’époque des origines au XIXe siá¿cle, chemins historiques d’accá¿sÔǪ), par des témoignages matériels correctement identifiés. Il est donc possible, pour le visiteur, de se faire assez convenablement une idée du passé et du présent du site.

    L’intégrité structurelle d’aujourd’hui représente bien l’imbrication et les corrélations des fonctions historiquement attribuées au Pic. Il y a eu une continuité de ces activités depuis la fondation de l’observatoire, et le renouvellement des composantes individuelles au fur et áá mesure des nouveaux besoins s’est toujours fait dans le respect de l’ensemble existant.

    L’intégrité fonctionnelle est marquée par le fait que les différentes activités principales du Pic sont en symbiose depuis les origines des installations et qu’elles se sont toujours complétées et organisées autour de l’Observatoire astronomique : observations scientifiques du ciel et de l’atmosphá¿re, accueil et séjour des touristes et des montagnards, fonctions de télédiffusion. Les installations immobiliá¿res et les infrastructures d’accá¿s forment un tout, au service d’un bien vivant en continuité de sa vocation historique initiale.

    Par la qualité du panorama et du ciel nocturne, l’intégrité paysagá¿re et céleste du Pic-du-Midi reflá¿te l’une des propriétés naturelles les plus remarquables du site, áá l’origine tant de sa vocation de station scientifique d’altitude que de son succá¿s populaire et touristique (pyrénéisme, sports de montagne et de neige, visite pour le panorama, astronomes amateurs,ÔǪ). La conservation de cette double intégrité nocturne et diurne forme aujourd’hui l’un des challenges majeur de la conservation du site.

    Authenticité

    Si les qualités d’intégrité du Pic du Midi peuvent á¬tre jugées comme trá¿s complá¿tes et parfois d’un niveau exceptionnel, l’authenticité apporte des éléments plus complexes áá apprécier.

    L’authenticité de conception repose sur une continuité des initiatives immobiliá¿res, scientifiques et de génie civil, depuis les premiers projets du dernier tiers du XIXe siá¿cle ; ils ne peuvent á¬tre compris que dans la dynamique du site et du renouvellement des techniques au profit má¬me du développement du site : création de coupoles et d’instrument scientifiques, évolution de l’existant, création d’un téléphérique d’accá¿s, construction de la grande tour de télédiffusion, etc.

    L’authenticité des éléments constitutifs et des matériaux áá nouveau repose sur cette dynamique propre áá une station scientifique multi-usages au long de son histoire : introduction du béton armé, évolution dans la construction des coupoles, évolution des structures architecturales. Un trait spécifique marque cette dimension de l’authenticité par le respect de l’existant et la surimposition des structures nouvelles sur les anciennes tout en les respectant. Notamment depuis les équipements du début du XXe siá¿cle sur la station sommitale, toutes les strates des báótis et équipements scientifiques historiques sont présentes.

    L’authenticité architecturale et paysagá¿re est une question ouverte, et qui n’a son sens que dans la compréhension d’aspects étroitement complémentaires entre eux: Il s’agit de la compréhension d’un lieu scientifique et touristique en perpétuel renouvellement. Il n’est pas possible de juger l’authenticité d’un tel lieu áá l’aune des monuments et sites classiques du patrimoine. Si le renouvellement des équipements et du báóti de la station scientifique et de la station touristique a été toujours été fait dans un esprit de restructuration de l’ancien, deux éléments constitutifs du lieu on marqué une rupture:

    • la construction du téléphérique (1950–1952), qui change totalement la relation d’accá¿s au Pic et permet de l’ouvrir toute l’année et d’y accueillir du public;
    • la construction de la tour TDF (1953) qui donne la signature visuelle du Pic dans la seconde moitié du XXe siá¿cle vu de la vallée ou de sa proximité montagnarde.

    Il y a donc une authenticité visuelle du bien qui a évolué et qui accompagne son histoire. Ce qui semble donc important est l’authenticité perçue du Pic du Midi : Aujourd’hui, la premiá¿re impression, trá¿s forte, du nouvel arrivant par la cabine de téléphérique est bien celle d’une station scientifique de montagne authentique et originale. On peut má¬me dire que l’image donnée par le Pic, avec sa tour de télédiffusion entourée des coupoles de l’Observatoire forme l’archétype et le symbole de l’Observatoire de haute altitude.

    L’authenticité environnementale est l’une des grandes valeurs du bien, en lien direct avec la qualité de son atmosphá¿re et de la clarté de ses ciels. Ces valeurs sont áá l’origine má¬me du Pyrénéisme, au XIXe siá¿cle, et de l’appréciation romantique de ses valeurs lumineuses exceptionnelles par rapport aux autres grands massifs montagneux européens. Cela fut le fait de ses premiers visiteurs étrangers, notamment Britanniques et des élites locales áá l’origine du projet d’observatoire au Pic-du-Midi (voir historique). Elles ont suscité l’effort d’une installation saisonniá¿re puis permanente de l’Homme sur le Pic, permis des observations astronomiques de trá¿s grande qualité (le rá┤le de substitut de l’Observatoire de Paris, le partenariat avec la NASA). Elles ont enfin permis le développement d’un tourisme dédié en grande partie au panorama pyrénéen, puis plus récemment áá l’appréciation de son ciel nocturne. La préservation des panoramas, de longue date et au plus haut niveau de la législation française (voir la gestion du bien : protection et zone tampon paysagá¿re) et plus récemment une importante initiative de protection des pollutions lumineuses (projet ┬½International Dark Sky Reserve┬╗, 2009–2013), la plus importante en France áá ce jour, garantissent le trá¿s haut degré de cette authenticité environnementale et de sa protection future.

     

    Criteria under which inscription might be proposed 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 5
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 09:53:14
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Critá¿res selon lesquels l’inscription pourrait á¬tre proposée

    • Critá¿re (ii): Dans l’histoire de sa construction et de son développement, le Pic du Midi est d’abord un programme national qui regroupe d’importants moyens humains, scientifiques et financiers áá l’échelle locale, régionale et áá celle de la France. Gráóce áá la qualité de ses ciels nocturnes, Il est en particulier le relais puis le substitut de l’Observatoire de Paris, lui-má¬me promoteur et leader de trá¿s importants programmes scientifiques internationaux (voir l’Etude thématique sur l’Observatoire de Paris dans cette má¬me publication). A partir des années 30 et surtout dans la seconde moitié du XXe siá¿cle, l’observatoire du Pic-du-Midi développe le caractá¿re international de ses collaborations en astronomie. Il est en particulier un centre d’observation associé áá la NASA et áá la conquá¬te spatiale (années 60).

    • Critá¿re (iv): Le Pic-du-Midi apparaá«t aujourd’hui comme un archétype visuel et symbolique de l’observatoire de haute montagne. Il appartient áá la plus ancienne génération de ce type d’observatoires, conçu et établi dans le dernier tiers du XIXe siá¿cle. Il a progressivement été modifié dans la longue durée de son usage pour offrir aujourd’hui une véritable icá┤ne paysagá¿re et culturelle, visible de trá¿s loin, illustrant la présence de l’homme en altitude et de l’usage scientifique de la haute montagne. La qualité de son environnement climatique et atmosphérique confá¿re áá ses panoramas le jours et áá son ciel nocturne des valeurs exceptionnelles qui ont fondé tant sa valeur scientifique que sa réputation touristique.

     

    Suggested statement of OUV 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 09:57:42
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Proposition de déclaration de valeur universelle exceptionnelle

    En termes de catégories UNESCO, il semble raisonnable d’envisager pour le Pic-du-Midi un ┬½ paysage culturel ┬╗ qui intá¿gre bien dans la valeur attribuée au site sa situation de pic de montagne, sa silhouette générale comme valeur symbolique et qui s’articule bien avec deux valeurs d’environnement trá¿s importantes : le jour un panorama sur la chaá«ne centrale des Pyrénées vraiment remarquable, la nuit une situation également remarquable de qualité du ciel nocturne.

    La ┬½ valeur universelle exceptionnelle ┬╗ (VUE) s’appuie sur les points suivants :

    • le Pic est un observatoire de haute montagne parmi les plus anciens (analyse comparative importante sur ce point)
    • Il comprend un ensemble trá¿s complet de témoignages matériels de ses différentes périodes historiques d’occupation (coupoles, instruments, équipements techniques), soit sur plus d’un siá¿cle d’usages scientifiques en haute montagne ;
    • Au-deláá, c’est une station scientifique et technique d’altitude pionniá¿re avec une série d’autres usages (observations climatiques, télédiffusion) ;
    • Le Pic a eu un usage scientifique continu, en particulier pour l’astronomie, et c’est toujours un lieu vivant de l’astronomie ;
    • L’importance des travaux scientifiques réalisés au Pic-du-Midi, les innovations de rang mondial (le coronographe), les coopérations internationales ;
    • un repá¿re naturel et culturel majeur dans l’histoire régionale, sa silhouette est inoubliable, figure incontournable du pyrénéisme comme des manuels de géographie physique, c’est un symbole de la relation de l’homme áá la haute montagne et de l’usage pacifique de celle-ci ;
    • Un lieu d’observation exceptionnel de jour comme de nuit dont témoignent les panoramas pyrénéens et la qualité de ses ciels nocturnes.

     

    State of conservation and factors affecting the property

    Present state of conservation 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 5
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 09:59:56
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    áëtat de conservation du bien et facteurs affectant le bien

    áëtat actuel de conservation

    Les báótiments de l’observatoires sont réguliá¿rement entretenus. Cependant, cette maintenance est extrá¬mement complexe et sensible. Voir partie ┬½Environnemental Pressures┬╗ ci-dessous pour plus d’informations.

     

    Factors affecting the property 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 10
      Status: PUB
      Date: 2017-05-19 13:19:27
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Facteurs affectant le bien

    Pressions dues au développement

    La situation exceptionnelle du Pic du Midi, lui permet d’échapper áá la majeure partie des pressions liées au développement, urbain ou industriel.

    Cependant, la présence de la station de ski de La Mongie áá proximité, l’a parfois exposé áá des projets d’agrandissement du domaine skiable. Mais la volonté des élus locaux, de préserver l’intégrité de l’observatoire, a toujours permis de repousser ces atteintes.

    Contraintes liées áá l’environnement

    La premiá¿re est la haute altitude et les fortes agressions qu’elle inflige aux báótiments. La pluie et la neige qui fond, s’infiltrent dans les báótiments. Lorsque les températures chutent, l’eau gá¿le et vient briser les maçonneries. Il faut également compter les vents trá¿s puissants, pouvant souffler en rafale áá prá¿s de 300 km/h, ou encore les amplitudes thermiques atteignant prá¿s de 60°C. Sans un travail de maintenance permanent, le Pic se ruinerait en moins de 5 ans (comme ce fut le cas pendant la Premiá¿re Guerre Mondiale).

    <strong>Fig. 42</strong>. L’hiver au Pic du Midi

    Fig. 42. L’hiver au Pic du Midi. Les báótiments sont pris sous le givre et la neige (2008). Photo © Nathalie Strippe

     

    La seconde raison est la grande complexité et variété du báótiment. 140 années d’aménagements et de construction se superposent sur le sommet. Des báótiments modernes en béton, se mélangent avec des édifices en pierres du début du siá¿cle. Le tout réparti sur prá¿s de 8 étages et 1 hectare de plancher. Maintenir un édifice de cette taille et de cette diversité áá prá¿s de 3000 má¿tres, demande une attention et des moyens trá¿s importants. Ce qui n’est d’ailleurs pas suffisants pour assurer une intégrité homogá¿ne de l’ensemble de la plateforme..

    La derniá¿re raison, également liée áá l’altitude, est la saisonnalité des périodes de maintenance. Pendant toute son histoire, les gros travaux sur le Pic du Midi n’ont pu se faire qu’en période estivale (juillet,aout, septembre) et les moyens modernes n’y peuvent rien changer.

    Le ciel nocturne du Pic du Midi est encore aujourd’hui de trá¿s bonne qualité. Cependant, l’augmentation de la pollution lumineuse observée depuis plus d’une vingtaine d’année dans cette région, a inquiété les astronomes et les élus du Pic du Midi.

    Pour répondre áá cette menace, un projet de la Réserve Internationale de Ciel Etoilé a été initié en 2009. Le Pic du Midi, accompagné d’un important réseau de partenaires, s’est engagé áá mener áá bien cette démarche qui va au deláá de la seule question de l’accá¿s aux étoiles.

     

    <strong>Fig. 43</strong>. Carte de la RICE du Pic

    Fig. 43. Carte de la RICE du Pic du Midi. La RICE, avec sa zone coeur et sa zone tampon, occupe 65% de la superficie du
    département des Hautes-Pyrénées. Photo © Agence Hotel Republique, Régie du Pic du Midi

     

    Ce sont aujourd’hui 251 communes des Hautes-Pyrénées qui dessinent les contours de la Réserve et qui se mobilisent pour soutenir cette démarche de développement durable. Mise en place d’un nouveau mode d’éclairage économe, durable et moins polluant, protection du ciel et de l’environnement nocturne, valorisation touristique, sont parmi les grandes actions qui la caractérisent. Le 19 décembre 2013, la RICE du Pic du Midi fut labellisée par l’International Dark Sky Association, faisant de cette Réserve de ciel étoilé, la premiá¿re en France et la deuxiá¿me plus grande au monde.

    Aujourd’hui, ce sont 40 000 points lumineux d’éclairage public qui sont concernés par le programme d’amélioration de l’éclairage. Le suivi de ce programme a permis de mesurer une diminution de 85% du flux lumineux émis vers le ciel dans les villages convertis. Depuis, 2012, environ 3000 luminaires par an sont améliorés.

     

    <strong>Fig. 44</strong>. L’éclairage du villag

    Fig. 44. L’éclairage du village d’Aulon, avant et aprá¿s amélioration de son éclairage dans le cadre de la RICE du Pic du Midi (2013). Photos © Léa Salmon

    Catastrophes naturelles et planification préalable

    Les désastres naturels dans les Pyrénées, touchent indirectement le Pic du Midi. Ils viennent perturber l’afflux touristique dont dépend aujourd’hui l’activité de l’observatoire. En juin 2013, de fortes inondations ont touché le département des Hautes-Pyrénées, détruisant de nombreuses voies d’accá¿s, les rendant impraticables pendant plusieurs mois. Le Pic du Midi, en général, déjáá trá¿s sensible áá la mauvaise météo, a vu sa fréquentation diminuer de plus de 30% cette année láá.

    Contraintes dues aux visiteurs et touristes

    Le tourisme est aujourd’hui une partie constitutive et indispensable áá l’activité de l’observatoire. L’opération Pic 2000, fruit du travail collectif entre astronomes et acteurs publics locaux, a permis de réaménager le plateforme et les accá¿s, pour accueillir du public sans pour autant transformer ni perturber l’activité scientifique. La majeur partie de la fréquentation touristique a lieu pendant les mois d’été. Cependant, le Pic reste ouvert áá la visite toute l’année, excepté lors des périodes de maintenance en novembre et avril.

    Nombre d’habitants

    L’observatoire compte 10 permanents et en moyenne 5 chercheurs au sommet.Cependant, l’ensemble du personnel qui permet le fonctionnement du Pic du Midi est bien plus important. Le Syndicat Mixte du Pic du Midi et sa régie, comptent plus de 50 employés. L’équipe de la plateforme technique de l’Observatoire Midi Pyrénées se compose de 20 agents. Le Pic, en tant que centre de formation universitaire, accueille également de nombreux stagiaires et doctorants.

     

    Protection and management

    Ownership 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 10:06:39
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Protection et gestion

    Droit de propriété

    Il existe actuellement deux concessions pour gérer l’observatoire du Pic du Midi et ses infrastructures.

    Les báótiments assurant l’activité scientifique appartiennent au domaine public de l’Etat français. Sa gestion est assuré par l’Université Paul Sabatier de Toulouse via l’Observatoire Midi Pyrénées. L’OMP est ainsi responsable de 4000 m² de surface répartis entre les divers observatoires et locaux techniques liés áá l’activité scientifique.

    Depuis 1996, le Syndicat Mixte du Pic du Midi est le nouveau concessionnaire de l’Observatoire. Il a en charge les infrastructures touristiques, techniques (station d’épuration sommitale, station de pompage, groupe électrogá¿ne), d’accá¿s au site (téléphérique et gares) et de vie (chambres, locaux du personnel, salle de réunion). Ce qui représente également 4000 m² de surface.

    Il existe une derniá¿re concession au sommet qui est extérieur áá l’Observatoire du Pic du Midi. Il s’agit du báótiment interministériel, propriété de l’Etat, et géré par Télédiffusion De France. Ces báótiments représentent 2000 m² de surface.

     

    Protective designation 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 10:07:01
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Classement de protection

    En 2003, le Pic du Midi devient ┬½Site Naturel National Classé┬╗ au titre de la ┬½Beauté de son Paysage┬╗. Ce titre, délivré par le Ministá¿re de l’Ecologie et du Développement Durable, protá¿ge l’intégrité du panorama accessible depuis les terrasses de l’observatoire.

    L’observatoire est engagé depuis 2007 dans une démarche de qualité environnementale volontaire afin de réduire ses impacts sur le milieu naturel. Il a ainsi obtenu la certification internationale ┬½qualité, sécurité, environnement┬╗ via la norme ISO 14001.

    Le Pic du Midi, est également le seul site touristique d’altitude áá atteindre, par ses propres moyens, le niveau de sécurité exigé pour les établissement recevant du public. L’observatoire est certifié ISO 9001 Version 2000 en matiá¿re de sécurité, maintenance des infrastructures et accueil gestion du public.

    En 2013, il reçoit le label de l’International Dark Sky Association pour sa Réserve Internationale de Ciel Etoilé (voir section ┬½Contraintes liées áá l’environnement┬╗ pour plus de renseignement).

     

    Visitor facilities and infrastructure 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 6
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 10:10:00
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Aménagements et infrastructures pour les visiteurs

    L’observatoire s’est équipé pour accueillir en moyenne 100 000 visiteurs par an tout en préservant l’intégrité architecturale des lieux et son activité scientifique. Pour plus de détails, consulter les sections ┬½Patrimoine matériel┬╗ , ┬½Historique et développement┬╗ et ┬½Intégrité et authenticité┬╗.

    Fig. 45. Les terrasses du Pic du Midi en été. Les touristes de la journée ont accá¿s aux 750 m² de terrasses, áá l’espace muséographique
    sous la coupole Baillaud et au restaurant sous le báótiment Vaussenat (2013). Photo © Nicolas Bourgeois

     

    Presentation and promotion policies 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 3
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 10:10:54
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Politique et programmes concernant la mise en valeur et la promotion

    Le Pic du Midi est considéré comme un haut-lieu et un géosymbole des Pyrénées, de l’aventure humaine et de la science. Pour cela, il est l’objet de plusieurs politiques de valorisation et de protection.

    En 2010, le Pic du Midi est choisi pour faire partie des Grands Sites de la Région Midi-Pyrénées. Ce label valorise les sites naturelles, culturelles, architecturaux les plus emblématiques des de la Région.

     

    Documentation

    Photos and other AV materials 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 10:12:50
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Documentation photographique et audiovisuelle

    Un inventaire photographique du patrimoine du Pic du Midi est en cours de réalisation au sein de la société Ramond et de l’Obervatoire Midi Pyénées.

     

    Most recent records or inventory 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 4
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 10:13:50
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Dossiers ou inventaires les plus récents

    Voir la partie ┬½Patrimoine mobilier—petits instruments, livres, archives et photographies┬╗, qui traite des inventaires du patrimoine de l’Observatoire du Pic du Midi.

     

    Bibliography 
    • InfoTheme: Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century
      Entity: 76
      Subentity: 3
      Version: 12
      Status: PUB
      Date: 2015-02-12 10:15:15
      Author(s): Nicolas Bourgeois

    Bibliographie

    Charlier B., Bourgeois N. (2013). ┬½Half the park is after dark. Les parcs et réserves de ciel étoilé: nouveaux concepts et outils de patrimonialisation de la nature.┬╗ L’Espace Géographique, 42, 200–212.

    Cortella P. M. (ed.) (2009), ┬½Pic du Midi de Bigorre, portes ouvertes sur le futur.┬╗ Bulletin Pyrénéen, 239.

    Davoust E. (2014), Pic du Midi, Cent Ans de Vie et de Science en Haute Montagne. Barcelone: MSM.

    Dollfus A. (1961). The Solar System, Vol III, Planets and Satellites. Chicago: University of Chicago Press.

    De Marco R. (1997). Le Pic du Midi, le Sommet Reconstruit. Mémoire de DEA, EHSS, Paris.

    De Marco R. (2003). La Construction du Lieu áá l’áëpoque de l’Utopie Véritable: Le Pic du Midi de Bigorre. Pour une Connaissance Sensible et Faisable du Lieu et du Paysage. Thá¿se de Doctorat, EHSS, Paris.

    Martin H. (1989). ┬½Menaces sur le Pic.┬╗ Pyrénées Magazine, no. 1, 16–27.

    Sanchez J. C. (2014). Le Pic de Bigorre et son Observatoire. Paris: Cairn Editions.

    Terrancle P. (1995). ┬½Pic du Midi, voyage áá l’intérieur d’un mythe.┬╗ Pyrénées Magazine, no. 37, 20–35.

    Terrancle P. (1997). ┬½Pic du Midi, le grand projet.┬╗. Pyrénées Magazine, no. 54, 58–73.

     

    Theme

    Astronomy from the Renaissance to the mid-twentieth century

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